ISF investi dans les PME : une économie de 9.000 euros par contribuable
Le dispositif ISF-PME a profitĂ© Ă 73.000 foyers l’an dernier, et a coĂ»tĂ© 660 millions d’euros. Certains parlementaires espèrent profiter du prochain collectif pour doper le dispositif et Ă©tendre le champ des bĂ©nĂ©ficiaires.
Pour la première fois depuis cinq ans, l’impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) a vu son produit baisser en 2008. L’Etat en a tirĂ© un peu plus de 3,8 milliards d’euros de recettes, un chiffre en retrait de 5,5 % par rapport au record de l’annĂ©e 2007. Cette baisse ne traduit pas un appauvrissement des contribuables, bien au contraire : le nombre de personnes dĂ©clarant un patrimoine supĂ©rieur Ă 770.000 euros après abattements a atteint près de 566.000 l’an dernier. C’est 7,2 % de plus que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, selon un bilan Ă©tabli par Bercy et rĂ©vĂ©lĂ© hier par ” Le Figaro “. Le patrimoine taxable s’est inscrit, lui aussi, en forte hausse. Il approche le seuil de 1.000 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2003. L’impact de la crise financière n’a, en rĂ©alitĂ©, pas encore affectĂ© cet impĂ´t, calculĂ© sur la base d’un patrimoine Ă©valuĂ© au 1er janvier 2008, bien avant la crise boursière et le ralentissement du marchĂ© immobilier.
Fortes pressions sur Bercy
La baisse de l’ISF tient plutĂ´t aux mesures mises en oeuvre en 2007 dans le cadre de la loi travail, emploi, pouvoir d’achat (Tepa). Grâce Ă elle, les contribuables peuvent allĂ©ger (jusqu’Ă 50.000 euros) leur chèque, Ă hauteur de 50 % ou 75 % (selon les cas) des sommes versĂ©es au capital de PME. L’an dernier, quelque 73.000 foyers ont utilisĂ© ce dispositif pour rĂ©duire leur impĂ´t, ce qui leur a fait Ă©conomiser, en moyenne, 9.010 euros. Pour l’Etat, le manque Ă gagner s’Ă©tablit Ă 660 millions d’euros, un chiffre supĂ©rieur Ă ce qui Ă©tait prĂ©vu en loi de Finances et qui devrait inciter le gouvernement Ă rĂ©viser Ă la hausse la dĂ©pense fiscale pour 2009 (620 millions d’euros).
Les PME, quant Ă elles, ont drainĂ© près de 1,1 milliard de capitaux, indique Bercy. Les contribuables ont Ă©tĂ© beaucoup moins nombreux Ă soutenir les fondations. Les rĂ©ductions d’impĂ´t se sont limitĂ©es Ă 40 millions.
Le succès est tel que certains parlementaires envisagent dĂ©jĂ de nouvelles initiatives pour doper le dispositif. Le dĂ©putĂ© UMP JĂ©rĂ´me Chartier aimerait profiter du prochain collectif budgĂ©taire, consacrĂ© Ă la rĂ©duction d’impĂ´t sur le revenu annoncĂ©e Ă l’issue du sommet social, pour Ă©tendre la mesure aux contribuables dĂ©cidant de financer des artisans et des commerçants. ” C’est la dimension qui manque au plan de relance “, dĂ©fend-il. Bercy reçoit aussi de fortes pressions, du Medef notamment, pour revenir sur les restrictions adoptĂ©es cet automne, dans le cadre de la loi de Finances : pour ” mettre fin aux abus “, le sĂ©nateur Philippe Adnot avait notamment exclu du dispositif les holdings comptant plus de 50 actionnaires. ” Une aberration, alors que la mesure venait tout juste d’ĂŞtre mise en oeuvre “, commente-t-on au Medef. Bercy n’est pas sourd Ă cet argumentaire, et rĂ©flĂ©chit aux moyens d’attĂ©nuer ces restrictions, peut-ĂŞtre lors du prochain collectif.
http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300332360.htm?xtor=RSS-2066



