Assurance-vie : nouvel alourdissement de la fiscalité en vue
Le gouvernement veut soumettre aux prĂ©lèvements sociaux (CSG-CRDS) les contrats d’assurance-vie en unitĂ©s de compte qui en sont aujourd’hui exonĂ©rĂ©s lors du dĂ©cès de l’assurĂ©. Une mesure qui rapporterait 270 mil- lions d’euros. Â
C’est une nouvelle niche sociale Ă laquelle le gouvernement s’attaque : les exonĂ©rations de prĂ©lèvements sociaux dont bĂ©nĂ©ficient certains contrats d’assurance-vie. L’exĂ©cutif va introduire une mesure pour supprimer cet avantage dans le projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale, qui sera prĂ©sentĂ© jeudi. Il en attend une recette d’environ 270 millions d’euros.
La mesure concerne les contrats dits en unitĂ©s de compte, ou multisupports, des produits dont le capital n’est pas garanti. Les contrats monosupports en euros, pour lesquels les prĂ©lèvements sont dĂ©jĂ effectuĂ©s chaque annĂ©e au fil de l’eau, ne sont pas concernĂ©s.
Actuellement, les contrats en unitĂ©s de compte sont soumis Ă des prĂ©lèvements sociaux de 12,1 % (CSG, CRDS et prĂ©lèvement social supplĂ©mentaire) au moment du dĂ©nouement, mais pas en cas de dĂ©cès de l’assurĂ©. L’idĂ©e du gouvernement est de mettre fin Ă cette exception.
Les contrats d’assurance-vie sont extrĂŞmement populaires - les mĂ©nages y investissent plus de 50 milliards d’euros chaque annĂ©e depuis 1997, avec des pics Ă plus de 100 milliards en 2006 et 2008. Les contrats monosupports en euros - qui ne sont donc pas concernĂ©s par cette nouvelle mesure - sont largement majoritaires : ils reprĂ©sentent près de 85 % des nouveaux contrats souscrits en 2008, selon la FĂ©dĂ©ration française des sociĂ©tĂ©s d’assurances. Sur les contrats en unitĂ©s de compte, les dĂ©cès reprĂ©sentent 20 % des dĂ©nouements.
Vers des débats animés
La nouvelle mesure ne concernera donc qu’une petite partie des contrats, ce qui explique que son rendement soit modĂ©rĂ© (au regard des placements en assurance-vie), mais elle reprĂ©sentera nĂ©anmoins une recette supplĂ©mentaire non nĂ©gligeable pour la SĂ©curitĂ© sociale, dont le dĂ©ficit avoisinera les 30 milliards d’euros l’an prochain. Elle devrait susciter des dĂ©bats animĂ©s au Parlement. ” A chaque fois qu’on prend une mesure comme celle-ci, on ne mesure pas l’impact qu’elle aura sur le comportement des Ă©pargnants,critique Yves Censi, vice-prĂ©sident (UMP) de la commission des Finances de l’AssemblĂ©e. Les reports sur d’autres produits ne sont jamais anticipĂ©s, alors qu’ils ont gĂ©nĂ©ralement pour effet de neutraliser le rendement attendu. ”
Plusieurs autres niches sociales sont dans le viseur du gouvernement. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale comprendra le doublement des prélèvements sociaux qui pèsent sur les retraites chapeaux, ainsi que le paiement au premier euro de la CSG sur les plus-values mobilières.
http://www.lesechos.fr/patrimoine/assurance/300378856.htm?xtor=RSS-2066



