La fin des paradis fiscaux inquiète les épargnants

Le gouvernement français mise sur la levĂ©e du secret bancaire pour renflouer les caisses de l’Etat.

Crise oblige, la France a besoin d’argent. Et, comme les recettes fiscales s’effondrent, Bercy veut faire main basse sur le magot dĂ©tenu par les Français sur des comptes Ă©trangers. L’administration chiffre Ă  20 milliards d’euros par an le montant des impĂ´ts perdu du fait de l’Ă©vasion fiscale. Et les grandes manoeuvres ont dĂ©jĂ  commencĂ©. Le G20 qui se rĂ©unit la semaine prochaine Ă  Londres va tenter de mettre fin Ă  l’opacitĂ© qui règne sur les comptes offshore. En clair, tous les paradis fiscaux sont sur la sellette. Problème, certains d’entre eux se trouvent en Europe mĂŞme. Pour ne pas figurer sur la liste noire de l’OCDE, ils se sont aussitĂ´t empressĂ©s d’annoncer la mise en place d’accords de coopĂ©ration, voire la levĂ©e du secret bancaire.

Des négociations avec le fisc

Cela signifie-t-il pour autant que ces Etats vont dĂ©verser sur la place publique la liste des clients de leurs banques et les offrir Ă  la vindicte du fisc français ? AssurĂ©ment, non ! Pourtant, les contribuables français s’inquiètent. Ceux qui sont pris la main dans le sac sont en effet passibles de redressements et de pĂ©nalitĂ©s très lourds. « Il faut comprendre qu’il y aura un avant- et un après-G20, explique sous couvert d’anonymat le responsable de la filiale française d’une banque suisse. Jusqu’Ă  prĂ©sent, je n’hĂ©sitais pas Ă  conseiller Ă  mes clients de nĂ©gocier avec le fisc le retour des fonds en France, mais, maintenant, je me dĂ©pĂŞche surtout de ne rien faire car rien ne permet d’exclure une amnistie gĂ©nĂ©rale. »

La procĂ©dure de nĂ©gociation est connue. La personne qui entend rapatrier ses avoirs en France mandate un avocat qui va, sans dĂ©voiler l’identitĂ© de son client, nĂ©gocier le montant de l’amende avec le fisc. «Il existe des guichets spĂ©cialement créés Ă  cet effet Ă  la Direction gĂ©nĂ©rale des impĂ´ts (DGI) ou Ă  la Direction nationale des vĂ©rifications de situations fiscales (DNVSF), explique Jean-Yves Mercier, avocat au cabinet CMS Francis Lefebvre et membre du Cercle des fiscalistes. Si, par exemple, le contribuable indique avoir perçu les fonds en cause Ă  l’occasion d’un hĂ©ritage, la nĂ©gociation va porter sur le rappel des droits de succession, d’impĂ´t sur la fortune et les intĂ©rĂŞts de retard. L’avocat obtiendra frĂ©quemment l’abandon des pĂ©nalitĂ©s pour mauvaise foi.» Et avec les grandes manoeuvres du G20, les contribuables commencent Ă  prendre peur. «J’ai Ă©tĂ© mandatĂ© par quatre clients rien que la semaine dernière»,explique cet autre avocat.

Pour autant, les mouvements de panique ne sont pas tous justifiĂ©s. Prenons l’exemple de la Suisse, qui accueille gĂ©nĂ©reusement un tiers de l’Ă©pargne mondiale. Le Conseil fĂ©dĂ©ral a indiquĂ© le 13 mars sa volontĂ© de renĂ©gocier les accords de double imposition qui lient la Suisse avec les autres pays, en reprenant comme base de rĂ©vision le standard de l’OCDE en matière d’entraide administrative.

La ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique ne reconnaĂ®t pas pleinement l’article 26 du modèle de convention de l’OCDE, qui traite de la question de l’Ă©change d’informations entre les autoritĂ©s fiscales. «Nous n’Ă©tions jusqu’Ă  prĂ©sent disposĂ©s Ă  accorder l’entraide administrative qu’en cas de fraude fiscale et de dĂ©lits similaires, mais pas en cas de soustraction fiscale, explique le reprĂ©sentant de l’Association suisse des banquiers. Nous sommes dĂ©sormais prĂŞts Ă  collaborer plus activement, mais pas n’importe comment.»

En premier lieu, l’Ă©change d’informations n’aura lieu que si l’Etat requĂ©rant prĂ©sente une demande fondĂ©e dans laquelle il dĂ©signe ou dĂ©crit de façon suffisamment prĂ©cise la personne imposable et la banque concernĂ©e. «Et, surtout, ni la consultation automatique des comptes par les autoritĂ©s fiscales ni les recherches indĂ©terminĂ©es de preuves (fishing expeditions) ne seront autorisĂ©es. Et en aucun cas il ne s’agit de remettre en cause le principe du secret bancaire», rassure-t-on Ă  l’Association suisse des banquiers. Enfin, rien ne pourra intervenir tant que le Parlement n’a pas ratifiĂ© ces modifications.

Les non-rĂ©sidents peuvent encore couler des jours heureux en Suisse. «Nos clients qui ne souhaitent pas dĂ©clarer leurs revenus au fisc de leur pays acquittent anonymement un prĂ©lèvement de 20%, explique Mathieux Despreaux, gestionnaire de patrimoine chez Genève Invest. Mais, Ă  partir de 2011, ce taux va passer Ă  35%. Avec un tel prĂ©lèvement, la Suisse sera de moins en moins compĂ©titive. C’est pourquoi nous conseillons d’ores et dĂ©jĂ  Ă  nos clients de dĂ©clarer leurs comptes au fisc français.»

Les officines concoctent d’ailleurs des stratĂ©gies au cas pas cas pour Ă©viter que les Ă©pargnants ne se trouvent en porte-Ă -faux vis-Ă -vis du fisc français.

Dans l’attente d’une amnistie

Reste que certains professionnels de la gestion de patrimoine n’excluent pas l’instauration d’une amnistie gĂ©nĂ©rale. «Nous plaidons aujourd’hui pour que cette amnistie soit dĂ©cidĂ©e directement par le G20, explique ce banquier privĂ©. Celle-ci pourrait s’inspirer de celle mise en place par Piney en 1958. Les fonds rapatriĂ©s seraient ainsi soumis Ă  une taxation forfaitaire dont le montant reste Ă  dĂ©terminer, Ă  condition qu’ils soient immĂ©diatement rĂ©investis en emprunts d’Etat pour financer l’Ă©conomie française, qui en a grand besoin.» Mais encore faut-il que les pĂ©nitents ne se fassent pas rattraper au coin du bois. «Comment voulez-vous qu’une amnistie puisse ĂŞtre couronnĂ©e de succès si, une fois les fonds rapatriĂ©s, les contribuables subissent les assauts de l’ISF et des droits de donation et succession ?», conclut Jean-Yves Mercier.

http://www.lefigaro.fr/impots/2009/03/30/05003-20090330ARTFIG00445-la-fin-des-paradis-fiscaux-inquiete-les-epargnants-.php

Evasion fiscale :ce que vous risquez

Les sanctions applicables en cas de contrĂ´le fiscal ont Ă©tĂ© rĂ©cemment renforcĂ©es. Ainsi, les titulaires d’un compte Ă  l’Ă©tranger qui ne l’ont pas dĂ©clarĂ© au fisc encourent une amende de 1.500 euros par compte, qui peut ĂŞtre portĂ©e Ă  10.000 euros lorsque celui-ci est dĂ©tenu dans un Etat ou territoire n’ayant pas souscrit avec la France une convention d’assistance administrative. Par ailleurs, le contribuable rattrapĂ© par le fisc doit s’acquitter de tous les impĂ´ts Ă©ludĂ©s, ainsi que des intĂ©rĂŞts de retard et, Ă©ventuellement, d’une majoration de 40% pour mauvaise foi, qui peut ĂŞtre portĂ©e Ă  80% en cas de manoeuvres frauduleuses. L’administration considère que les sommes figurant sur les comptes non dĂ©clarĂ©s constituent des revenus et doivent ĂŞtre taxĂ©es comme tels. Enfin, le fisc dispose dĂ©sormais de dix ans pour redresser le contribuable indĂ©licat, et non plus de trois, lorsque le pays oĂą a Ă©tĂ© ouvert le compte n’a pas signĂ© avec la France un accord d’Ă©change d’informations fiscales.

» La fin programmée des paradis fiscaux inquiète les épargnants

http://www.lefigaro.fr/impots/2009/03/30/05003-20090330ARTFIG00441-evasion-fiscale-ce-que-vous-risquez-.php

Les obligations, une oasis pour les épargnants

Crise oblige, les entreprises émettent des emprunts à des taux alléchants. Une aubaine pour les épargnants.

Du jamais vu ! Cette annĂ©e, les entreprises en quĂŞte de financement se bousculent pour Ă©mettre des obligations. «Depuis janvier, les Ă©missions ont dĂ©passĂ© 100 milliards d’euros, soit davantage que sur toute l’annĂ©e 2008», note Emmanuel Martin, directeur des gestions d’Acropole AM.

Et pour convaincre les investisseurs d’acheter ces titres, les entreprises acceptent de payer des intĂ©rĂŞts historiquement Ă©levĂ©s. Ces derniers jours, Heineken a par exemple Ă©mis une obligation assortie d’une rĂ©munĂ©ration de 6,75%, Vinci (Autoroutes du Sud de la France) de 7,47% et PPR (Pinault, Printemps, La Redoute) de 8,75%. Fin fĂ©vrier, l’obligation lancĂ©e par Volvo offrait mĂŞme 10% par an Ă  ses souscripteurs !

«L’Ă©cart entre ces obligations et les emprunts d’État atteint des niveaux jamais vus depuis les annĂ©es 1930», explique Adam Cordery, gĂ©rant du fonds Euro Corporate Bond de Schroders. Ces belles rĂ©munĂ©rations font figure d’eldorado pour les Ă©pargnants, douchĂ©s par la chute des actions et dĂ©solĂ©s par la baisse des rendements des placements de trĂ©sorerie. Car s’ils achètent une obligation Ă  la souscription et la conservent jusqu’Ă  son Ă©chĂ©ance, ils toucheront les intĂ©rĂŞts chaque annĂ©e et seront remboursĂ©s au terme du capital investi.

Le seul risque ? Que l’entreprise fasse faillite d’ici lĂ  et ne puisse plus payer les intĂ©rĂŞts, ni rembourser le capital. L’Ă©pargnant aurait alors tout perdu. Une menace Ă  ne pas prendre Ă  la lĂ©gère. «Certaines obligations affichent des taux effectivement Ă©levĂ©s, mais parce que le risque est lui aussi important», avertit Éric Le Baron, directeur gĂ©nĂ©ral de Swiss Life Assurance et Patrimoine. D’oĂą la nĂ©cessitĂ© de choisir de grands groupes solides… «ou des entreprises qui reprĂ©sentent un enjeu national et seront soutenues par l’État», souligne Paul Gurzal, gĂ©rant obligataire Ă  La Française des placements.

En pratique, pour les particuliers, acheter ces obligations Ă  la souscription Ă©tait difficile. Elles Ă©taient la chasse gardĂ©e des investisseurs institutionnels, et seuls les clients fortunĂ©s pouvaient en souscrire dans les banques privĂ©es. Mais depuis quelques mois, les Ă©missions sont si importantes… qu’elles sont mĂŞme parfois accessibles dans une simple assurance-vie. ING Direct, par exemple, a proposĂ© il y a quelques semaines Ă  ses clients l’emprunt lancĂ© par Saint-Gobain. Et tous les titres ont Ă©tĂ© souscrits en trois jours.

D’autres opportunitĂ©s

MĂŞme succès pour le site Internet Placement-direct.fr, qui a proposĂ© Vodafone et Schneider. «Nous n’avons pu satisfaire toutes les demandes», souligne SĂ©verine Magendie, responsable du site. Pourtant, Ă  chaque fois, la souscription minimale Ă©tait de 10 000 euros. MĂŞme les grandes banques se laissent tenter. En septembre, puis en janvier dernier, le CrĂ©dit agricole a commercialisĂ© dans ses contrats ses propres obligations (respectivement Ă  5,40%, puis 5,20% par an sur huit ans).

Et ce n’est pas sans doute pas fini. CrĂ©dit agricole assurances aimerait rĂ©cidiver en avril. Et Generali Patrimoine, qui gère notamment le contrat d’ING Direct, est Ă  l’affĂ»t de nouvelles Ă©missions obligataires Ă  commercialiser par ce canal. «Nous sommes très sĂ©lectifs, car nous voulons des titres qui offrent des rendements attrayants, mais Ă©mis par des entreprises qui prĂ©sentent le moins possible de risques de faillite», souligne Sonia Fendler, directrice du dĂ©veloppement de Generali Patrimoine.

http://www.lefigaro.fr/placement/2009/03/04/05006-20090304ARTFIG00712-les-obligations-une-oasis-pour-les-epargnants-.php

Comptes à terme : une rémunération en chute libre

La rĂ©munĂ©ration des comptes Ă  terme Ă  un mois dĂ©passe aujourd’hui difficilement les 1,5%, quand elle Ă©tait trois fois plus importante en novembre dernier. Aucune banque ne fait exception : la dĂ©gringolade est corrĂ©lĂ©e Ă  celle du loyer de l’argent, dĂ©cidĂ©e par les banques centrales.

L’an dernier les Ă©pargnants ont pu profiter Ă  plein de la rĂ©munĂ©ration de l’Ă©pargne Ă  court terme. Jusqu’en dĂ©cembre la courbe des taux Ă©tait inversĂ©e, avec des taux courts plus rĂ©munĂ©rateurs que les taux longs. L’argent placĂ© Ă  court terme Ă©tait donc mieux rĂ©munĂ©rĂ© que celui placĂ© sur de plus longues pĂ©riodes. Une incongruitĂ©, qui explique notamment pourquoi le taux du Livret A a caracolĂ© Ă  4% net d’aoĂ»t 2008 Ă  fĂ©vrier 2009.

Les choses ont cependant repris leurs cours normal en dĂ©cembre, avec une courbe des taux redevenue habituelle en raison des interventions des banques centrales et notamment de la BCE sur les taux directeurs, passĂ©s de 4% en mai 2008, Ă  2,50% en janvier 2009 et Ă  1,50% en mars 2009. Depuis, les taux longs surpassent Ă  nouveau les taux courts. D’oĂą, chute de la rĂ©munĂ©ration du Livret A Ă  2,50% depuis fĂ©vrier 2009.
Variation de l’Euribor

Taux 25 mars 2009    Taux 30 janvier 2009    Taux 3 novembre 2008
Euribor 1 mois    1,163    1,745    4,412
Euribor 3 mois    1,548    2,086    4,733
Euribor 6 mois    1,705    2,176    4,786
Euribor 1 an    1,583    2,273     4,845
Les consĂ©quences sur l’Ă©pargne Ă  court terme

Ces modifications ont aussi affectĂ© la rĂ©munĂ©ration de l’Ă©pargne Ă  court terme et notamment celle des comptes Ă  terme (CAT), ces comptes de dĂ©pĂ´ts souscrits pour une durĂ©e fixe de 3 mois, 6 mois, un an, deux ans, etc.). Aucun Ă©tablissement ne fait exception. Tous utilisent en effet peu ou prou l’Euribor (taux interbancaire) comme rĂ©fĂ©rence pour fixer le taux de rendement de leurs CAT (voir tableau ci-dessus). Et, le rendement de celui-ci s’est littĂ©ralement effondrĂ© depuis dĂ©cembre 2008.

Du coup, la rĂ©munĂ©ration record que les CAT ont affichĂ© en 2008 a suivi le mouvement et fondu comme neige au soleil. Chez Bred Banque Populaire, pourtant très bien placĂ©e en terme de rendement, les taux des CAT Ă  1 mois sont passĂ©s de 3,43% au 1er dĂ©cembre 2008 Ă  … 1,16% fin mars 2009 (1,21% pour plus de 50.000 euros versĂ©s), ceux des CAT Ă  3 mois de 3,85% Ă  1,55% sur les mĂŞmes pĂ©riodes, ceux des CAT Ă  6 mois, de 3,90% Ă  1,70% et ceux des CAT Ă  1 an de 3,95% Ă  1,86%… MĂŞme scĂ©nario chez LCL oĂą les CAT affichent actuellement des rendements de 0,75% Ă  1 mois, de 1,10% Ă  3 mois, de 1,30% Ă  6 mois et de 1,55% Ă  1 ans. A la Caisse d’Épargne d’Ile-de-France, la rĂ©munĂ©ration est tombĂ©e de plus de 300 points de base (3%) entre fin octobre 2008 et fin mars 2009, se situant dĂ©sormais dans les fourchettes suivantes : de 0,58% Ă  0,78% sur le 1 mois, de 0,78% Ă  0,98% sur 3 mois, de 0,96% Ă  1,16% sur le 6 mois et de 1,34% Ă  1,54% sur 1 an.

MIREILLE WEINBERG, Les Echos

http://www.lesechos.fr/patrimoine/banque/300339346.htm?xtor=RSS-2066

Comment mettre son conjoint Ă  l’abri du besoin

MalgrĂ© la suppression des droits de succession entre Ă©poux, il reste judicieux de protĂ©ger le conjoint survivant. Plusieurs lois ont rĂ©volutionnĂ© le mariage. Une relecture s’impose.

C’Ă©tait une promesse de la campagne Ă©lectorale, elle a Ă©tĂ© tenue : les droits de succession entre Ă©poux ont Ă©tĂ© supprimĂ©s. La disparition a Ă©tĂ© consignĂ©e par la fameuse loi Tepa du 22 aoĂ»t 2007, celle-lĂ  mĂŞme qui alimente le dĂ©bat sur le bouclier fiscal. Le texte a certes fixĂ© le plafond d’impĂ´ts qu’un particulier peut avoir Ă  payer (en l’occurrence, c’est 50 % de ses revenus). Mais il contient encore bien d’autres dispositions car, en rĂ©alitĂ©, c’est une loi fourre-tout. C’est la raison pour laquelle elle Ă©voque aussi les frais traditionnellement dus par les mĂ©nages après le dĂ©cès d’un des conjoints. Non seulement elle les supprime dans les couples mariĂ©s, mais elle Ă©largit l’avantage aux partenaires liĂ©s par un PACS.

Cette avancĂ©e a Ă©tĂ© saluĂ©e par les Français. Peut-ĂŞtre mĂŞme un peu trop ! Car nombre de couples semblent considĂ©rer que, dĂ©sormais, il n’est plus nĂ©cessaire de s’occuper de quoi que ce soit. Ainsi, depuis le vote du texte, les demandes de modification de contrats de mariage ont spectaculairement diminuĂ©. Alors que, jusqu’Ă  l’Ă©tĂ© de 2007, elles justifiaient la majoritĂ© des rendez-vous dans les Ă©tudes de notaires !
Attitudes néfastes

C’est un phĂ©nomène courant : Ă  chaque nouveautĂ© lĂ©gislative, il se reproduit : les effets d’annonce inspirent des attitudes nĂ©fastes, prĂ©cisĂ©ment chez les personnes que le texte ambitionne de protĂ©ger ! Ce fut dĂ©jĂ  le cas lors de la loi du 3 dĂ©cembre 2001 sur les conjoints survivants. De peur que ces derniers ne soient mis Ă  la porte de chez eux par leurs propres enfants, le lĂ©gislateur avait fixĂ© le principe suivant : le veuf ou la veuve peut dĂ©sormais choisir entre l’usufruit de la totalitĂ© ou la pleine propriĂ©tĂ© du quart des biens composant la succession. Du coup, bon nombre de particuliers en ont dĂ©duit qu’il n’Ă©tait plus nĂ©cessaire de procĂ©der Ă  une donation entre Ă©poux. ” Alors que c’est au contraire la dĂ©marche la plus simple et la plus utile “, observe Me Fabrice Luzu, notaire Ă  Paris.

En fait, tout conjoint devrait dĂ©sormais repenser de fond en comble sa situation, ainsi que celle de son (ou sa) partenaire. Il s’est produit tellement de rĂ©volutions silencieuses au cours de ces derniers mois ! Ainsi, rien que depuis le dĂ©but de 2007 : la rĂ©forme des successions et des libĂ©ralitĂ©s Ă©tait Ă  peine entrĂ©e en vigueur le 1er janvier, qu’elle a Ă©tĂ© suivie de la loi Tepa, dont certaines consĂ©quences sont tout simplement inouĂŻes dans une France, fille aĂ®nĂ©e de l’Eglise. Avec ce texte, c’est la question mĂŞme de la pertinence du mariage qui se trouve posĂ©e, dans la mesure oĂą, en matière de droits de succession, la loi met Ă  Ă©galitĂ© les unions pacsĂ©es avec les couples mariĂ©s.

Aussi, loin d’encourager Ă  la passivitĂ©, la nouvelle lĂ©gislation incite au contraire Ă  se montrer imaginatif et prospectif. Car au fond, quel est le vĂ©ritable enjeu d’un couple uni ? C’est de faire en sorte que le conjoint survivant n’ait pas Ă  souffrir de difficultĂ©s matĂ©rielles, en plus du chagrin causĂ© par la disparition de l’ĂŞtre aimĂ©. Pour cela, l’Ă©dification de protections juridiques se rĂ©vèle indispensable.
Les priorités de vie

En effet, pour que les conditions de vie du conjoint survivant soient optimales, encore faut-il que ses droits soient alors adaptĂ©s Ă  ses souhaits du moment. Seulement, dans la pratique, comment deviner ce dont on aura besoin ? A quarante ans, on peut rĂŞver de vivre dans la maison de famille au bord du lac d’Annecy ; et puis, Ă  soixante ans, prĂ©fĂ©rer l’appartement parisien Ă  proximitĂ© de son mĂ©decin ; pour finalement opter, Ă  quatre-vingts ans, pour un studio dans une rĂ©sidence mĂ©dicalisĂ©e.

Pour tenir compte de l’Ă©volution des prioritĂ©s de vie, il faut donc un accompagnement juridique modulable. Cette exigence de souplesse suppose de ne pas figer prĂ©maturĂ©ment l’attribution d’un bien Ă  une personne bien identifiĂ©e.

Le montage doit aussi ĂŞtre rĂ©versible. Car avant le dĂ©cès, il peut s’en produire des Ă©vĂ©nements ! Un divorce, par exemple. Quand cette hypothèse-lĂ  survient, on n’a pas forcĂ©ment la tĂŞte Ă  souhaiter le meilleur pour son futur ex-partenaire !

L’anticipation ne doit pas non plus conduire Ă  appauvrir prĂ©cocement le mĂ©nage. Il faut ĂŞtre sĂ»r que l’on aura bien, le jour venu, des liquiditĂ©s dont on a besoin. De mĂŞme, il est normal de vouloir disposer, jusqu’Ă  ses derniers jours, des biens auxquels on tient.

Enfin, rien de plus lĂ©gitime que de faire entrer en ligne de compte la considĂ©ration fiscale. Puisque la loi le permet, autant profiter des adoucissements autorisĂ©s. L’utilisation harmonieuse des textes novateurs, votĂ©s ces dernières annĂ©es, permet de rĂ©aliser tous ces objectifs les uns après les autres. A cet effet, Me Luzu distingue trois grands axes stratĂ©giques.

Il s’agit lĂ  d’un acte notariĂ© qui ne doit pas coĂ»ter plus de 200 Ă  300 euros au couple. Mais pour ce prix, il va considĂ©rablement Ă©largir les droits prĂ©vus par la loi de dĂ©cembre 2001 pour le conjoint survivant. Cette amĂ©lioration sera encore plus patente si elle s’accompagne d’une RAAR, acronyme de ” renonciation Ă  une action en rĂ©duction “.
Passer son tour

Cette nouveautĂ© est entrĂ©e en vigueur le 1er janvier 2007, avec la rĂ©forme sur les successions et les libĂ©ralitĂ©s. Elle consiste pour les enfants Ă  passer leur tour en matière d’hĂ©ritage. En d’autres termes, ils diffèrent leurs droits pour le second dĂ©cès. De la sorte, ils laissent volontairement tout le patrimoine au conjoint survivant. Ce dernier n’aura donc pas Ă  partager d’indivisions avec ses descendants. Il sera aussi certain de vivre dans l’environnement qui Ă©tait son quotidien avant la disparition de son Ă©poux(se). Attention, cependant, cette procĂ©dure n’est admise que dans le cas oĂą les enfants sont majeurs.

Enfin, le montage sera encore plus efficace s’il est accompagnĂ© d’un cantonnement. LĂ  aussi, c’est une nouveautĂ©. Elle permet au conjoint de dresser la liste des biens qu’il (ou elle) conserve finalement au dĂ©cès du premier Ă©poux. Implicitement, les autres lots reviennent aux enfants hĂ©ritiers. Mais avec un adoucissement fiscal pour ces derniers. Car, comme l’explique Me Luzu : ” C’est comme si les enfants avaient reçu ces biens du dĂ©funt. Ils ne sont donc taxĂ©s que sur cette partie du patrimoine. ”

Et si la loi Tepa Ă©tait mise entre parenthèses, le temps que le plus gros de la crise soit passĂ© ? Ce n’est pas de la politique-fiction. Le dĂ©bat explosif sur le rĂ©amĂ©nagement du bouclier fiscal l’a bien montrĂ© : l’idĂ©e fait son chemin, y compris au sein mĂŞme de la majoritĂ©. Les dĂ©putĂ©s semblent avoir dĂ©celĂ© une inversion dans l’opinion, comme si les allègements de contributions n’Ă©taient plus dans l’air du temps. D’ici Ă  ce que l’exonĂ©ration des droits de succession soit sacrifiĂ©e, dans le mĂŞme ensemble que le fameux bouclier, c’est une Ă©ventualitĂ© que l’on ne peut plus totalement rejeter.

Il existe cependant une bonne mĂ©thode pour s’assurer une totale franchise de frais, quels que soient les contextes Ă©lectoraux. Elle consiste Ă  changer de rĂ©gime matrimonial. Le Code civil est riche en pĂ©pites qui permettent aux conjoints d’amĂ©nager pour chacun d’entre eux, le cadre le plus protecteur, le plus souple vis-Ă -vis de leur descendance, et le moins coĂ»teux d’un point de vue fiscal. Ainsi l’article 1387 fixe le principe de la libertĂ© de conventions entre Ă©poux, tandis que l’article 1397 dĂ©taille le mĂ©canisme de l’avantage matrimonial. Or c’est au nom de ce dernier que le conjoint survivant s’assurera dĂ©finitivement sa dispense de frais sur le patrimoine qu’il hĂ©ritera.
Fabriquer sa propre loi

Ainsi donc, l’assemblage astucieux de paragraphes rĂ©cemment agrĂ©gĂ©s au Code NapolĂ©on permet aux couples de se fabriquer leur propre loi. Dès lors, chacun sait dans un mĂ©nage ce qu’il conservera comme biens, ce qu’il maintiendra en pleine propriĂ©tĂ© ou au contraire, laissera en usufruit Ă  ses hĂ©ritiers. ” Du moment que le socle juridique de base en matière matrimoniale est respectĂ©, tous les amĂ©nagements sont libres “, prĂ©cise Me Luzu. ” Or, poursuit-il, il ne coĂ»te pas plus cher de se confectionner un contrat de mariage sur mesure. Dès lors, autant prĂ©fĂ©rer ce dernier Ă  un modèle prĂŞt-Ă -porter. ”

D’autant qu’en la matière, la forme la plus frĂ©quente est celle de la CommunautĂ© universelle avec attribution intĂ©grale. Las ! Ce rĂ©gime n’a pas que des avantages. Il prĂ©sente notamment l’inconvĂ©nient d’attribuer un bien Ă  des bĂ©nĂ©ficiaires, Ă©ventuellement contre le grĂ© de son propriĂ©taire. Par exemple, dans un couple, l’Ă©pouse peut avoir hĂ©ritĂ© d’une propriĂ©tĂ© familiale qui lui vient de ses parents. Dans le cas de la CommunautĂ© universelle, le domaine devrait revenir au mari si la femme dĂ©cède en premier. L’intĂ©ressĂ©e pourrait fort bien prĂ©fĂ©rer que ce bien se retrouve plus tard entre les mains de ses enfants. Mieux vaut donc prĂ©voir trois enveloppes. Une grande pour la communautĂ© conventionnelle et deux autres spĂ©cifiquement dĂ©diĂ©es Ă  chacun des conjoints. Les deux pourront ainsi loger des biens qui Ă©taient Ă  eux avant leur mariage ou qu’ils tiennent Ă  laisser en dehors du partage.

Autre inconvĂ©nient soulevĂ© par Me Luzu : de nos jours, il n’est plus rare de dĂ©cĂ©der Ă  plus de cent ans. Quel intĂ©rĂŞt pour le survivant de tout recevoir Ă  ce moment-lĂ  ! Il serait plus intelligent de commencer plus tĂ´t la redistribution du patrimoine et de segmenter celui-ci en plusieurs lots. Fiscalement, le transfert sera plus digeste. Car il peut ĂŞtre coĂ»teux, fiscalement, de recevoir un patrimoine d’un seul tenant. Le risque est grand de passer dans une tranche supĂ©rieure d’imposition.
Clause de préciput

C’est pourquoi le sur-mesure est vraiment recommandĂ©. D’autant qu’il permet d’utiliser un formidable outil prĂ©vu par le droit : la clause de prĂ©ciput. C’est elle qui permet Ă  un conjoint de prĂ©lever, avant tout partage, certaines sommes d’argent, ou bien des objets, des lots et toutes sortes de biens. Cela, grâce Ă  la convention prĂ©alablement signĂ©e entre les membres du couple. Tous les biens qui n’auront pas Ă©tĂ© explicitement rĂ©servĂ©s par les parents reviendront de fait aux enfants.

Longtemps, les couples ont montrĂ© une certaine rĂ©ticence Ă  changer de rĂ©gime. Ils craignaient de se dĂ©possĂ©der imprudemment de biens personnels, si jamais un divorce devait survenir plus tard. Cette inquiĂ©tude n’a plus lieu d’ĂŞtre, rassure en substance Me Luzu. La clause de reprise des apports est dĂ©sormais validĂ©e. Concrètement, cela signifie que ce qui fut alimentĂ© avant la sĂ©paration peut ĂŞtre dorĂ©navant rĂ©cupĂ©rĂ© par l’apporteur.

Un second obstacle a longtemps résidé dans les délais supposés interminables de la procédure. La situation est beaucoup plus simple maintenant : lorsque les enfants sont majeurs, seule demeure une période de vérification de trois mois. Si pendant ce temps, les intéressés ne se manifestent pas, leur silence vaut acceptation et leur accord est réputé acquis avec effet rétroactif.

Le PACS fĂŞte ses dix ans cette annĂ©e. Mais au lieu de fĂŞter son premier anniversaire Ă  deux chiffres, il serait plus judicieux de saluer sa seconde naissance. Cela s’est produit en 2007. Cette annĂ©e-lĂ , entre la loi Tepa du 22 aoĂ»t et le vote de la loi de Finances pour 2008, le Pacte civil de solidaritĂ© a Ă©tĂ© pratiquement alignĂ© sur le mariage, au niveau de l’impĂ´t sur le revenu, de l’ISF, des droits de donation, de succession, de la rĂ©version d’usufruit et du partage. Dès lors, pour les concubins, le cadre juridique et fiscal est tout trouvĂ©. Ce constat vaut pour tous les couples non mariĂ©s, pas uniquement les homosexuels, comme une prĂ©sentation tronquĂ©e en a souvent Ă©tĂ© faite. Il peut parfaitement s’envisager pour des familles recomposĂ©es, en prĂ©sence d’un patrimoine important, d’une entreprise ou d’enfants nĂ©s de la première union.

DĂ©sormais, ce pacte agit sur les partenaires comme une loi qu’ils se sont librement fixĂ©e. Jusqu’Ă  lors, l’indivision Ă©tait automatique, aussi bien pour le lave-vaisselle que pour le compte en banque.
Choisir son régime

DĂ©sormais, le rĂ©gime en vigueur est celui choisi par les pacsĂ©s. Ces derniers dĂ©terminent leur mode de vie en commun, leur niveau de participation aux charges et surtout, l’organisation de la sortie de leur couple. Pourquoi ne pas imaginer le versement de sommes fixĂ©es Ă  l’avance, comme Ă  l’amĂ©ricaine ? En tout cas, on s’Ă©loigne des divorces traumatisants qui laissent un des ex-conjoints financièrement exsangues. Cependant, il ne faut pas oublier le reste du Code civil. Le partenaire pacsĂ© n’est pas d’emblĂ©e un hĂ©ritier. De surcroĂ®t il n’est pas prioritaire. Le suppression des droits de succession serait ici une maigre consolation, si en l’espèce, il n’y a rien Ă  lĂ©guer. Or c’est ce qui risque d’arriver si un testament n’est pas rĂ©digĂ©. Cet acte est impĂ©ratif. Avec la convention au dĂ©marrage de l’union, c’est la seule contrainte demandĂ©e en contrepartie de la grande libertĂ© accordĂ©e. Pour les divorcĂ©s qui reprennent une vie de couple Ă  travers une famille recomposĂ©e, le Pacte civil de solidaritĂ© version 2007 se rĂ©vèle le cadre juridique le mieux appropriĂ©.
FRANÇOIS LE BRUN
http://www.lesechos.fr/patrimoine/famille/300339326.htm?xtor=RSS-2066

Mille et une raisons pour ne pas utiliser le bouclier

Complexité du dispositif, communication inadaptée et peur du fisc expliquent pourquoi les contribuables boudent cette mesure.

C’est le mystère du bouclier fiscal : la version 2008 du dispositif, qui permet de plafonner ses impĂ´ts, CSG et CRDS comprises, Ă  50% de ses revenus n’a pas plus de succès que le cru prĂ©cĂ©dent, avec un plafond Ă  60% hors prĂ©lèvements sociaux. Dans les deux cas, le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires tourne autour de 15 000. De quoi renforcer les interrogations sur les dĂ©fauts intrinsèques de ce produit.

Au vu des statistiques passĂ©es, les deux tiers des bĂ©nĂ©ficiaires rĂ©els - et donc a priori potentiels - du bouclier sont des mĂ©nages modestes. Il s’agit notamment de personnes propriĂ©taires de leur logement mais Ă  faible revenu, qui peuvent ĂŞtre soumises Ă  de lourdes taxes foncières. Or souvent, ces contribuables ne connaissent pas leur droit. Le fisc leur a pourtant envoyĂ© une lettre de relance en novembre et en dĂ©cembre. Sans succès. «Il est vrai que les personnes modestes peuvent faire une demande gracieuse d’Ă©talement ou de remise d’impĂ´t. Si elle est acceptĂ©e, le bouclier n’a pas d’utilité», admet-on Ă  Bercy.

Le bouclier pĂŞche aussi par sa complexitĂ©. La demande de remboursement de 2008 porte sur des impĂ´ts acquittĂ©s en 2007 ou en 2006 sur des revenus de 2006. Le calcul des revenus pris en compte n’est pas simple. Ainsi, une partie de l’assurance-vie entre dans le bouclier, et l’autre pas. Du coup, il n’y a aucun intĂ©rĂŞt Ă  se lancer dans une telle dĂ©marche si la somme en jeu est faible. «S’y ajoute le cas des contribuables qui ont droit exceptionnellement une annĂ©e au bouclier, car ils ont effacĂ© leur revenu par des dĂ©ficits professionnels. Ces commerçants artisans, professions libĂ©rales ne pensent pas Ă  faire une demande», explique Jean-Yves Mercier, avocat associĂ© chez CMS Bureau Francis Lefebvre.

Polémiques dangereuses

Enfin, il y a la peur du contrĂ´le fiscal. «De nombreux contribuables, qui sous-Ă©valuent leurs propriĂ©tĂ©s immobilières dans le cadre de l’ISF, prĂ©fèrent ne pas attirer l’attention du fisc», avoue le directeur fiscal d’une banque d’affaires. C’est pour cela que le lĂ©gislateur a donnĂ© la possibilitĂ© aux contribuables concernĂ©s de rĂ©duire eux-mĂŞmes le montant de leur ISF ou de leurs impĂ´ts locaux s’ils estiment que leur charge fiscale dĂ©passe 50% de leurs revenus. Cela sera-t-il suffisant pour Ă©liminer leurs craintes ? Oui, rĂ©pond Yann de GivrĂ©, responsable du dĂ©partement fiscal de Fidal : «L’Ă©tat d’esprit devrait changer.» Sandrine Quilici, responsable de l’ingĂ©nierie patrimoniale Ă  la banque Pictet a un avis contraire : «Le fisc sera au courant de l’imputation. Et le remboursement est rapide - trois semaines en moyenne après la demande -, alors que l’imputation se fera au plus tĂ´t le 15 juin sur l’ISF.»

En rĂ©alitĂ©, les professionnels s’inquiètent surtout des polĂ©miques politiques. «Le bouclier a permis d’Ă©viter de nombreux exils fiscaux. Qu’en sera-t-il demain ?», s’alarme Jean-Yves Mercier. «Nous Ă©tudions une dizaine de dossiers d’exilĂ©s fiscaux prĂŞts Ă  revenir en France. Hier matin, deux de ces personnes ont appelĂ© pour nous faire part de leurs doutes», dĂ©plore Sandrine Quilici.

Vers un assouplissement de l’ISF
investi dans les PME
La commission des finances de l’AssemblĂ©e examine aujourd’hui les derniers amendements au collectif budgĂ©taire de 2009, avant que le texte ne passe en sĂ©ance. Gilles Carrez, le rapporteur gĂ©nĂ©ral UMP, est favorable Ă  deux amendements. Le premier, que Bercy voit d’un bon Ĺ“il, fait passer de 5 % Ă  25 % la rĂ©duction d’impĂ´t pour l’investissement dans certaines rĂ©sidences, tout en supprimant l’amortissement. Le second relève de 50 Ă  100 le nombre maximal d’actionnaires par holding ISF PME. Sur ce point, Nicolas Forissier (UMP) prĂ©fère limiter l’assouplissement aux holdings investissant dans les PME en amorçage. Gilles Carrez est dĂ©favorable aux amendements du Nouveau Centre (NC) excluant la CSG, la CRDS et les impĂ´ts locaux du bouclier et prenant en compte le revenu avant niches fiscales, ainsi qu’Ă  celui, similaire, dĂ©posĂ© par la gauche. Il s’oppose Ă  la proposition de Charles de Courson (NC) d’augmenter l’impĂ´t sur le revenu pour les plus aisĂ©s.
C. C.

http://www.lefigaro.fr/impots/2009/03/18/05003-20090318ARTFIG00324-mille-et-une-raisons-pour-ne-pas-utiliser-le-bouclier-.php

Monaco ouvert à une coopération fiscale

Monaco semble Ă  son tour sur le point de rentrer dans le rang.

La principautĂ© nĂ©gocie un accord d’Ă©change de renseignements en matière fiscale avec l’Union europĂ©enne et est prĂŞte Ă  nĂ©gocier des accords semblables avec tous les pays qui le souhaitent, a annoncĂ© hier l’OCDE. Monaco - qui figure avec le Liechtenstein et Andorre sur la liste noire des paradis fiscaux non coopĂ©ratifs - « espère » que cet accord « pourra ĂŞtre finalisĂ© avant fin 2009 » , prĂ©cise l’Organisation pour la coopĂ©ration et le dĂ©veloppement Ă©conomiques.

Selon une source proche du dossier, la principautĂ© de Monaco a Ă©tĂ© soumise Ă  de fortes pressions ces derniers jours pour aller plus loin qu’elle ne l’avait fait initialement le 17 mars et accepter d’Ă©largir le nombre de pays avec lesquels elle pourrait signer des accords d’Ă©change de renseignements.

figaro.fr/impots/2009/03/27/05003-20090327ARTFIG00281-monaco-ouvert-a-une-cooperation-fiscale-.php

La mondialisation recule

L’Organisation Mondiale du Commerce a publié hier soir ses nouvelles prévisions pour 2009. Elles sont « spectaculaires ». C’est un vrai tournant et le chiffre mérite d’être retenu. Selon l’OMC, le commerce mondial va reculer de 9% cette année. Cela veut dire que le volume des marchandises qui circulent entre pays sur terre, sur mer et dans l’air va diminuer de près de 10%. Inutile de dire que ce n’est jamais arrivé depuis 1945. C’est un tournant parce que, toutes ces dernières années, le commerce mondial avait progressé très fortement et de façon continue. La fin de l’année dernière a marqué un vrai coup d’arrêt. Très concrètement, cela veut dire que l’activité des ports de Shangaï ou de Singapour s’est effondrée, que le ballet des cargos devant Istanbul a ralenti et qu’il y en a un tiers de moins qui vont de la Chine aux Etats-Unis.
Les pays les plus touchés sont ceux dont la richesse repose le plus sur les exportations, l’Allemagne, le Japon pour les pays développés. Mais aussi, les grands pays émergents dont l’économie repose sur les échanges extérieurs. Vous savez que 20 millions d’ouvriers chinois ont dû repartir dans leurs campagnes faute de travail dans les usines.

La récession explique-t-elle à elle seule ce plongeon ? C’est l’élément principal. Quand la croissance était là, le commerce mondial a progressé encore plus vite que la production. La récession ralentit les échanges, parce que les ménages américains achètent moins de voitures japonaises, parce que les Européens s’équipent moins en électroménager chinois. Cet assèchement s’explique aussi par une autre raison. 90% des échanges sont financés par des crédits court terme, qui se sont asséchés à cause de la panne du système financier. Un exportateur chinois ne demande pas de crédit à une banque américaine parce qu’il n’a pas confiance dans cette banque. C’est une des raisons pour lesquelles l’assainissement du système financier est aussi important. De ce côté, il y a un espoir avec la présentation du plan Geithner aux Etats-Unis hier. Le dispositif imaginé est malin mais ultra-complexe, la Bourse a quand même l’air d’y croire puisque Wall Street a grimpé de presque 7% hier soir. Nous verrons.

Cette contraction du commerce mondial est-elle passagère ? C’est la grande question. Est-ce qu’il y a une spirale de dé-mondialisation qui est en route, comme le craint le Premier ministre britannique Gordon Brown ? Des arguments peuvent militer pour dire que la tendance est structurelle autant que conjoncturelle. La préoccupation écologique, par exemple, fait dire que la circulation de camions, de bateaux et d’avions sur la terre entière pour transporter des pièves détachées, des biens alimentaires, des légumes de contre-saison et je ne sais quoi encore n’est pas très logique. Et puis, autre point, les Etats qui dépensent des sommes folles pour aider leurs entreprises vont tout faire pour les forcer à rapatrier leurs productions, on l’a vu avec Renault en Slovénie. Pour l’instant, les signes de protectionnisme, dangereux parce que les échanges favorisent la sortie de pauvreté, sont cependant assez ténus, heureusement.

Ce n’est plus la mondialisation heureuse. Attention à ne pas l’enterrer trop vite parce que les pays émergents, notamment, n’ont aucune envie d’y renoncer, et les consommateurs européens y perdraient pas mal de pouvoir d’achat. Mais le tournant est là et, quand elle reviendra, la progression du commerce mondial sera plus modérée que depuis dix ans. En 2006, un journaliste américain, Thomas Friedman, avait écrit un best-seller mondial titré : « La terre est plate », sous-entendu : il n’y a plus de frontières. Disons qu’elle a repris quelques rondeurs.

Capital investissement en France : collecte record en 2008

Le montant des capitaux levĂ©s a atteint 12,7 milliards d’euros l’an dernier, en hausse de 27% par rapport Ă  2007, sous l’effet de quelques levĂ©es de fonds significatives initiĂ©es fin 2007 et ayant abouti au premier semestre, selon une Ă©tude de l’Association française des investisseurs en capital.

2008, annĂ©e record pour les acteurs du capital investissement en France, mais en dents de scie… Car si la collecte des capitaux a atteint 12,7 milliards d’euros, en hausse de 27% par rapport Ă  2007, ce montant record rĂ©sulte surtout de quelques levĂ©es de fonds “significatives” rĂ©alisĂ©es lors du premier semestre, selon une Ă©tude dĂ©voilĂ©e mardi par l’Association française des investisseurs en capital (Afic). Plus de 9,7 milliards d’euros ont Ă©tĂ© levĂ©s dans la première moitiĂ© 2008, soit 76% du total, contre un peu plus de 3 milliards seulement lors du deuxième semestre.

Par rapport Ă  2007, les montants investis ont diminuĂ© de 12,6 milliards Ă  10 milliards d’euros. Le nombre d’entreprises accompagnĂ©es par le capital investissement a, lui, sensiblement augmentĂ©, avec près de 1.600 entreprises soutenues en 2008. Plus de 80% d’entre elles sont des PME-PMI cotĂ©es, opĂ©rant dans des secteurs innovants : informatique, mĂ©dical et biotechnologie, tĂ©lĂ©com et communication…

“Avec des montants levĂ©s records et un nombre plus important d’entreprises accompagnĂ©es, cette Ă©tude dĂ©montre la rĂ©sistance du capital-investissement dans un contexte Ă©conomique particulièrement difficile”, s’est fĂ©licitĂ© Pierre de Fouquet, soulignant : “les investisseurs en capital ont jouĂ©, plus que jamais en 2008, leur rĂ´le de soutien aux entreprises”.
Forte progression des FIP et FCPI

Cette Ă©tude rĂ©vèle aussi que plus d’un tiers des acteurs français du capital investissement (203 vĂ©hicules au total en 2008, contre 164 en 2007) ont levĂ© des capitaux, 20 d’entre eux concentrant 75% de la collecte. Parmi les vĂ©hicules d’investissement utilisĂ©s, les dispositifs dits ISF (FIP et FCPI), qui rĂ©sultent de la loi TEPA d’aoĂ»t 2007, ont Ă©tĂ© très actifs et ont connu une forte progression. Plus de 250 millions d’euros ont ainsi Ă©tĂ© investis par les FIP en 2008, contre moins de 100 millions en 2007.

Concernant la provenance de ces fonds, 60% des montants collectĂ©s proviennent d’investisseurs institutionnels et privĂ©s français, dont la contribution a progressĂ© de 36%, illustrant “la croissance durable des levĂ©es de fonds rĂ©alisĂ©es en France” l’annĂ©e dernière. Les personnes physique et les “family offices” sont les premiers souscripteurs, devant les banques et les compagnies d’assurance-mutuelles, ces trois catĂ©gories d’investisseurs reprĂ©sentant les deux tiers de la collecte totale.
Contraction du capital transmission

Dans un contexte Ă©conomique de crise, le capital dĂ©veloppement a Ă©tĂ© le segment le plus dynamique, avec 707 entreprises financĂ©es (27%) et 1,6 milliard d’euros investis (26%). Le capital risque a Ă©galement lĂ©gèrement progressĂ©, avec 428 entreprises accompagnĂ©es (3%) et 758 millions d’euros investis (12%). En fort recul, le capital transmission/LBO n’a profitĂ© qu’Ă  388 entreprises (-16%), pour un montant investi de 7,4 milliards d’euros (-28%).

Enfin, les dĂ©sinvestissements ont Ă©tĂ© en fort recul. Ils n’ont concernĂ© que 868 entreprises en 2008, contre près de 1100 en 2007, soit une baisse de 21%, alors que les montants investis sont passĂ©s de 5,6 milliards Ă  3,2 milliards d’euros, en chute de 44%. Cette baisse est liĂ©e au contexte et Ă  la fermeture des marchĂ©s boursiers et Ă  la diminution des grands LBO secondaires.
JULIEN POMPEY, Les Echos
http://www.lesechos.fr/info/finance/300338449.htm?xtor=RSS-2009

La valeur de la France estimĂ©e Ă  12 513 milliards d’euros

Cécile Crouzel

En trente ans, la valeur des actifs dĂ©tenus par les mĂ©nages, les entreprises et l’État a Ă©tĂ© multipliĂ©e par deux, en termes rĂ©els.

On aurait presque tendance Ă  l’oublier, Ă  force d’entendre les commentaires alarmistes sur les dĂ©ficits et la dette de notre pays. Et pourtant : au cours des trente dernières annĂ©es, la France s’est considĂ©rablement enrichie. Entre 1978 et 2007, la valeur du patri­moine national a Ă©tĂ© multipliĂ©e par huit, pour atteindre 12 513 milliards d’euros, selon une Ă©tude publiĂ©e hier par l’Insee.

Dans la mesure oĂą le prix des actifs a quadruplĂ©, sur la mĂŞme pĂ©riode, cela signifie qu’en termes rĂ©els, le patrimoine des Français a doublĂ©. Ce patrimoine se dĂ©finit comme l’ensemble des actifs, minorĂ©s des passifs, des mĂ©nages, des entreprises non financières et financières et des administrations publiques (État, SĂ©cu et collectivitĂ©s locales). Dit autrement c’est le prix qu’il faudrait thĂ©oriquement dĂ©bourser pour racheter l’ensemble des biens français. Sur longue pĂ©riode, la richesse devrait progresser au mĂŞme rythme que la croissance Ă©conomique. Mais cette règle n’a pas Ă©tĂ© respectĂ©e lors de la dernière dĂ©cennie, du fait de l’envolĂ©e de l’immobilier et de la Bourse. RĂ©sultat, le patrimoine national reprĂ©sentait 6,6 annĂ©es de PIB fin 2007, contre 4 Ă  4,5 ans pendant la pĂ©riode allant de 1980 Ă  la fin des annĂ©es 1990.

Ce sont les mĂ©nages qui dĂ©tiennent les trois quarts de ce patrimoine  pour un total de 9 467 milliards d’euros. La dernière dĂ©cennie a Ă©tĂ© faste : Ă  la fin 2007, chaque mĂ©nage français possĂ©dait, en moyenne, un patrimoine net de 380 000 euros, contre Ă  peine 160 000 euros en 1997, d’après une Ă©tude du conseil des prĂ©lèvements obligatoires. De 2003 Ă  2006, la valeur du patrimoine (net de dette) a mĂŞme crĂ» de plus de 10% chaque annĂ©e. Rien d’Ă©tonnant Ă  cela, car la pierre reprĂ©sente les deux tiers des avoirs des Français. 58% des mĂ©nages Ă©taient propriĂ©taires de leur logement en 2007 contre 47% en 1978.

Rupture en 2008

L’annĂ©e 2008 marque une rupture. Pour la première fois en trente ans, la valeur du patrimoine des mĂ©nages français devrait diminuer : de 3%, selon l’Insee Ă  cause de la chute de la Bourse et de la stagnation de l’immobilier.

Autre point notable de ces trente dernières annĂ©es, les mĂ©nages ont diversifiĂ© leurs placements financiers. Les liquiditĂ©s (comptes divers mais aussi livret A) ne reprĂ©sentaient plus en 2007 que 29% de leurs actifs financiers, contre 63% en 1978. Un tiers du patrimoine financier est maintenant constituĂ© d’assurance-vie. La collecte sur ces supports a atteint 100 milliards en 2006 ! Et 12 millions de Français ont des actions et des obligations, dĂ©tenues en directe ou via des fonds, contre un million en 1978.

Les entreprises non financières ont elles aussi connu de grandes Ă©volutions patrimoniales. La part des actifs financiers dans leur richesse a augmentĂ©, passant de 36% en 1978 Ă  56% fin 2007. C’est le rĂ©sultat de la tertiarisation et de la financiarisation de l’Ă©conomie. Ă€ l’inverse, les machines et Ă©quipements des branches industrielles ne reprĂ©sentent plus que 10% du capital fixe des entreprises, contre 18% il y a trente ans.

Quant aux administrations publiques, leur actif (2 273 milliards) dépasse encore leur passif (1 499 milliards). Et ce, bien que la dette publique soit passée de 21% en 1978 à 63,9% en 2007. La sphère publique détient encore des routes, des terrains, des bureaux, des hôpitaux, des châteaux et… 3% des actions des sociétés françaises.

http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2009/03/17/05001-20090317ARTFIG00252-la-valeur-de-la-france-est-estimee-a-12513milliards-d-euros-.php

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