ISF 2009 : calendrier et modalités pratiques

Si votre patrimoine dĂ©passe 790.000 euros, vous devez payer l’ISF. Bercy vient de communiquer les dates limites pour dĂ©poser votre dĂ©claration : le 15 juin pour ceux qui rĂ©sident en France, jusqu’au 15 juillet et mĂŞme 31 aoĂ»t pour les autres. Toutes les modalitĂ©s pratiques.    

Les personnes physiques qui ont leur domicile fiscal en France, et qui disposent d’un patrimoine dont la valeur nette en France et hors de France dĂ©passe 790.000 euros au 1er janvier 2009, sont soumises Ă  l’impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) et doivent souscrire une dĂ©claration. Il en est de mĂŞme des personnes physiques qui n’ont pas leur domicile fiscal en France mais qui y possèdent des biens d’une valeur nette dĂ©passant 790.000 euros.

Des déclarations de couleur verte cette année !

“Les dĂ©clarations ISF, de couleur verte, ont Ă©tĂ© cette annĂ©e amĂ©nagĂ©es afin de les rendre plus lisibles”, explique Bercy dans un communiquĂ©.

Les personnes domiciliées en France ou hors de France qui ont souscrit une déclaration de patrimoine taxable en 2008 reçoivent à leur domicile :

- soit une dĂ©claration prĂ©identifiĂ©e simplifiĂ©e accompagnĂ©e de trois annexes en double exemplaire et d’une notice explicative (85 % des envois). Sont concernĂ©s tous les contribuables qui ont dĂ©clarĂ© en 2008 uniquement des biens immobiliers bâtis et non bâtis (exceptĂ© les bois et forĂŞts, les biens ruraux louĂ©s Ă  long terme et les parts de GAF et GFA), des droits sociaux (hors cas particuliers d’exonĂ©ration partielle ou totale), des valeurs mobilières, liquiditĂ©s et autres biens meubles, des dettes au passif.

- soit une dĂ©claration prĂ©identifiĂ©e complète accompagnĂ©e de cinq annexes en double exemplaire et d’une notice explicative pour les autres contribuables (15% des envois).

 

La dĂ©claration d’ISF ne peut pas se faire par Internet
Dans le cadre de l’impĂ´t sur le revenu, les contribuables peuvent depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ  tĂ©lĂ©-dĂ©clarer leur revenus directement sur Internet. Cette annĂ©e la procĂ©dure a mĂŞme Ă©tĂ© simplifiĂ©e, puisque la dĂ©claration des revenus peut se faire Ă  partir de n’importe quel ordinateur, sans qu’il soit nĂ©cessaire de passer par le certificat Ă©lectronique (voir ci-dessous notre dossier spĂ©cial “DĂ©claration de revenus : toutes les modalitĂ©s pratiques”). Pour l’ISF en revanche, il faudra attendre encore un peu. Les contribuables ont la possibilitĂ© de saisir sur le site Internet ” www.impots.gouv.fr ” une dĂ©claration complète. Mais, ils doivent ensuite l’imprimer et l’adresser, avec un exemplaire de la dĂ©claration prĂ©-identifiĂ©e reçue au service des impĂ´ts dont les coordonnĂ©es sont indiquĂ©es sur la première page. Pas de tĂ©lĂ©-dĂ©claration, donc.

Quid pour ceux qui n’auraient rien reçu ?

A partir de la deuxième quinzaine de mai, les contribuables 2008 qui n’auraient pas reçu leur dĂ©claration prĂ©identifiĂ©e, ainsi que les nouveaux dĂ©clarants Ă  l’ISF au 1er janvier 2009, pourront se procurer des dĂ©clarations en les tĂ©lĂ©chargeant sur le site ” www.impots.gouv.fr “. Ils pourront Ă©galement les commander auprès du Centre impĂ´ts services ou de leur service des impĂ´ts.

Les rĂ©sidents de la PrincipautĂ© de Monaco pourront s’adresser au : Service des impĂ´ts des particuliers de Menton Service des rĂ©sidents de Monaco 7, rue Victor Hugo 06507 MENTON Cedex TĂ©lĂ©phone : 04 93 28 62 60 Adresse courriel : cdi.menton@dgfip.finances.gouv.fr.

Les contribuables domiciliĂ©s Ă  l’Ă©tranger pourront se procurer les dĂ©clarations vierges auprès du : Centre des impĂ´ts des non-rĂ©sidents 10, rue du Centre TSA 50014 93465 NOISY-LE-GRAND Cedex TĂ©lĂ©phone : 01 57 33 83 50 Adresse courriel : nonresidents@dgfip.finances.gouv.fr.

Les dates limite de dépôt des déclarations

Les dates limite de dépôt des déclarations sont les suivantes :

- lundi 15 juin 2009 pour les contribuables domiciliés en France ;

- mardi 15 juillet 2009 pour les contribuables domiciliĂ©s dans la PrincipautĂ© de Monaco et dans les autres pays d’Europe ;

- lundi 31 août 2009 pour les contribuables domiciliés dans les autres pays.

Lorsque la déclaration est souscrite pour un contribuable décédé entre le 1er janvier 2009 et la date de dépôt, la souscription doit être effectuée dans les six mois du décès.

Pour l’investissement dans les PME, le report des trois mois de la date limite de production des justificatifs est reconduit cette annĂ©e.

Où déposer ou envoyer votre déclaration ? 

Les personnes imposables devront déposer leur déclaration en un seul exemplaire, avec leur paiement :

- auprès du service indiquĂ© sur le formulaire reçu par la Poste, mĂŞme en cas de changement d’adresse ;

- au service des impĂ´ts de leur domicile au 1er janvier 2009 lorsqu’elles utilisent un formulaire non prĂ©identifiĂ© ;

- au service des impĂ´ts des particuliers de Menton (7, rue Victor Hugo, 06507 MENTON Cedex, tĂ©lĂ©phone : 04 93 28 62 60) lorsqu’elles rĂ©sident dans la PrincipautĂ© de Monaco ;

- Ă  la recette des non-rĂ©sidents (10, rue du Centre, TSA 50014, 93465 NOISY-LE-GRAND Cedex, tĂ©lĂ©phone : 01 57 33 82 00) lorsqu’elles sont domiciliĂ©es Ă  l’Ă©tranger.

OĂą se renseigner ?

Comme les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, les contribuables disposent d’une une notice explicative dĂ©taillĂ©e. Les personnes qui souhaitent obtenir des informations complĂ©mentaires peuvent Ă©galement consulter le site Internet ” www.impots.gouv.fr” oĂą elles peuvent aussi calculer leur impĂ´t. Des informations pourront Ă©galement ĂŞtre obtenues : par tĂ©lĂ©phone au Centre ImpĂ´ts Services, au 0810 46 76 87 (coĂ»t d’un appel local depuis un poste fixe en France mĂ©tropolitaine et dans les DOM), en semaine de 8h Ă  22h et le samedi de 9h Ă  19 h par tĂ©lĂ©phone ou sur place au service des impĂ´ts dont les coordonnĂ©es figurent sur la dĂ©claration.

http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300350219.htm?xtor=RSS-2066

Les rĂ©ductions d’impĂ´t

Dons, frais de garde, travaux d’Ă©conomies d’Ă©nergie, emprunts immobiliers seront pris en compte.
La liste des charges qui vous permettent de rĂ©duire vos impĂ´ts ou, le cas Ă©chĂ©ant, d’obtenir un crĂ©dit d’impĂ´t est longue. Le crĂ©dit d’impĂ´t peut ĂŞtre remboursĂ© s’il excède l’impĂ´t dĂ». Pour vos enfants scolarisĂ©s, n’oubliez pas de cocher les cases EA, EC, EF pour bĂ©nĂ©ficier de la rĂ©duction d’impĂ´t accordĂ©e automatiquement.

Dons aux Ĺ“uvres : pour les dons aux associations d’aide aux personnes en difficultĂ©, en ligne UD, la rĂ©duction est Ă©gale Ă  75 % des sommes versĂ©es en 2008 dans la limite de 495 €. Il faut joindre les justificatifs. L’excĂ©dent est Ă  porter ligne UF. Le total des montants portĂ©s en ligne UF (organismes d’utilitĂ© publique ou fiscalement assimilĂ©s, organismes d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, financement de la vie politique, etc.) donne droit Ă  une rĂ©duction de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable. L’excĂ©dent sera Ă  reporter sur les cinq annĂ©es suivantes.

Enfants poursuivant leurs Ă©tudes : cochez les cases EA, EC, EF ou EB, ED, EG pour les enfants comptĂ©s Ă  charge qui poursuivaient des Ă©tudes secondaires ou supĂ©rieures au 31 dĂ©cembre 2008. La rĂ©duction d’impĂ´t est de 61 € par enfant au collège, de 153 € au lycĂ©e et de 183 € dans l’enseignement supĂ©rieur, Ă  diviser par deux pour un enfant en rĂ©sidence alternĂ©e.

Frais de garde des enfants (ligne GA) : ce sont les sommes versĂ©es pour les gardes assurĂ©es dans une crèche, un centre de loisirs, halte-garderie, garderie scolaire. Les parents peuvent en bĂ©nĂ©ficier qu’ils travaillent ou non. Le crĂ©dit d’impĂ´t est de 50 % des dĂ©penses plafonnĂ©es Ă  2 300 € par enfant de moins de 7 ans au 31 dĂ©cembre 2008.

Sommes versĂ©es pour l’emploi d’un salariĂ© Ă  domicile : l’avantage fiscal prend la forme d’un crĂ©dit d’impĂ´t (ligne DB) lorsque le contribuable (ou chaque membre du couple, en cas de dĂ©claration commune) travaille ou est demandeur d’emploi. Mais il correspond Ă  une rĂ©duction d’impĂ´t (ligne DF) si ces conditions ne sont pas remplies ou s’il s’agit d’autres services rendus Ă  domicile que l’emploi d’un salariĂ©.

DĂ©penses pour l’habitation principale : pour un mĂŞme contribuable et une mĂŞme habitation, les dĂ©penses au titre du dĂ©veloppement durable, qui ouvrent droit au crĂ©dit d’impĂ´t, ne peuvent pas excĂ©der entre le 1er janvier 2005 et le 31 dĂ©cembre 2012 (plafond pluriannuel) 8 000 € (pour une personne seule) ou 16 000 € (couple), avec une majoration de 400 € par personne Ă  charge. Le taux du crĂ©dit d’impĂ´t varie entre 15 % et 50 % selon la nature des dĂ©penses. Seul est pris en compte le prix d’acquisition ou le coĂ»t des Ă©quipements, matĂ©riaux ou appareils Ă  l’exclusion de la main-d’Ĺ“uvre. Ceux-ci doivent ĂŞtre fournis et installĂ©s par une mĂŞme entreprise, donner lieu Ă  l’Ă©tablissement d’une facture et rĂ©pondre Ă  des normes techniques.

IntĂ©rĂŞts des emprunts pour l’acquisition de l’habitation principale : le bien immobilier doit avoir Ă©tĂ© acquis Ă  compter du 6 mai 2007 et les intĂ©rĂŞts d’emprunt sont retenus dans la limite annuelle de 3 750 € (pour une personne seule) et 7 500 € (couple) majorĂ©s de 500 € par personne Ă  charge. Pour les personnes handicapĂ©es, la limite est de 7 500 € (personne seule) ou 15 000 € (couple). Le taux du crĂ©dit d’impĂ´t est de 40 % pour la première annĂ©e de remboursement (ligne VY) et de 20 % (ligne VZ) les annĂ©es suivantes.

Sachez que les autres rĂ©ductions d’impĂ´t ou crĂ©dits d’impĂ´t figurent page 4 de la dĂ©claration 2042 ou 2042 C.

http://www.lefigaro.fr/impots/2009/05/04/05003-20090504ARTFIG00302-les-reductions-d-impot-a-ne-pas-oublier-.php

Livret A : les « multidétenteurs » seront traqués par Bercy cet été

Il y a tellement de Livrets A ouverts cette annĂ©e qu’Ă  ce rythme on en comptera bientĂ´t plus que de Français. » Cette boutade d’un banquier prĂŞterait Ă  rire si elle ne rĂ©vĂ©lait pas un risque d’infraction fiscale. L’entourage du ministre du Budget, Eric Woerth, l’a rappelĂ© hier. Il a fait savoir que la Direction gĂ©nĂ©rale des impĂ´ts effectuerait cet Ă©tĂ© les premiers recoupements pour identifier les particuliers en possession de plusieurs Livrets A, ce qui est interdit par la loi. Les Ă©pargnants ne doivent pas trop s’inquiĂ©ter. Pour Bercy, l’essentiel des cas de multidĂ©tentions est liĂ© Ă  des « oublis » (notamment lorsqu’un Livret a Ă©tĂ© ouvert par un parent après une naissance) davantage qu’Ă  des fraudes.

Le ministère du Budget promet donc que, dans un premier temps, les informations recueillies ne seront pas utilisĂ©es pour sanctionner les contrevenants. Elles seront transmises aux banques qui informeront les multidĂ©tenteurs afin qu’ils rĂ©gularisent leur situation. Mais l’administration fiscale procĂ©dera, par la suite, Ă  d’autres recoupements. Et s’ils mettent en Ă©vidence des « difficultĂ©s Ă  rĂ©gulariser », les services fiscaux prĂ©voient des sanctions, notamment une amende correspondant Ă  2 % de l’encours du ou des livrets supplĂ©mentaires. Autrement dit, un peu plus de 300 euros pour un deuxième Livret A qui serait au plafond.

Le problème des multidĂ©tentions existait dĂ©jĂ  avant l’ouverture de la distribution du Livret A Ă  toutes les banques. Le Ficoba, qui recense tous les comptes ouverts en France, comptabilisait en effet 46 millions de Livrets A en circulation fin 2008 quand les banques ne revendiquaient qu’environ 40 millions de clients. Le problème « s’est aggravĂ© » depuis le 1er janvier, reconnaĂ®t Bercy, car plus de 6 millions de livrets ont Ă©tĂ© ouverts en quatre mois sur fond de grande bataille commerciale. Des caisses du CrĂ©dit Agricole ont mĂŞme attaquĂ© en justice des Caisses d’Epargne car elles les soupçonnent de freiner dĂ©libĂ©rĂ©ment les transferts.

http://www.lesechos.fr/info/finance/4863212.htm?xtor=RSS-2009

ImpĂ´ts : le barème de l’ISF pour 2009

Les particuliers dĂ©tenant un patrimoine net d’au moins 790.000 euros au 1er janvier 2009, doivent dĂ©clarer et rĂ©gler leur impĂ´t sur la fortune au plus tard le 15 juin.
Le compte Ă  rebours a donc dĂ©marrĂ©. Les redevables de l’ISF (impĂ´t sur la fortune) viennent de recevoir leur dĂ©claration 2009. Ils doivent dĂ©clarer et rĂ©gler leurs impĂ´ts au plus tard le lundi 15 juin Ă  minuit.

Pour 2009, le seuil d’imposition est fixĂ© Ă  790.000 euros. Aussi, les patrimoines dont la valeur nette au 1er janvier 2009 est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  ce montant, ne supportent pas cet impĂ´t sur le capital

Voici le barème de l’ISF 2009

Fraction de la valeur nette taxable du patrimoine en euros Tarif applicable
de 790.000 à 1.280.000   0,55 %
de 1.280.000 Ă  2.520.000 0,75 %
de 2.520.000 à 3.960.000  1 %
de 3.960.000 à 7.570.000  1,3 %
de 7.570.000 Ă  16.480.000 1,65 %
supérieure à 16.480.000   1,80 %

le Luxembourg monte au créneau

Un mois après le sommet du G20, Le Grand-DuchĂ© ne dĂ©colère toujours pas d’ĂŞtre inscrit sur la «liste grise» des paradis fiscaux.

Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, s’est offusquĂ© de voir son pays inscrit par l’OCDE sur une «liste grise» des nations qui ne coopĂ©reraient pas suffisamment Ă  la lutte contre les paradis fiscaux. Cette liste a Ă©tĂ© Ă©tablie lors du sommet du G20 le mois dernier Ă  Londres, qui comprend deux autres pays de l’Union europĂ©enne, la Belgique et l’Autriche.

«Je considère cela scandaleux. Je suis déçu de voir que mes collègues europĂ©ens, Ă  Londres, n’ont pas tenu la promesse qu’ils nous avaient faite Ă  Bruxelles (…) C’est inacceptable», dit Jean-Claude Juncker dans une interview Ă  l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Il ajoute mĂŞme que lors d’un sommet en mars Ă  Bruxelles, les dirigeants europĂ©ens Ă©taient tombĂ©s d’accord pour qu’aucun pays de l’UE ne figure sur la liste.

Cette interview rĂ©pond aux propos du ministre allemand des Finances, Peer SteinbrĂĽck, qui a relancĂ© la polĂ©mique la semaine dernière sur ce sujet qui lui tient Ă  cĹ“ur. Il a en effet prĂ©sentĂ© le Luxembourg, le Liechtenstein, la Suisse et l’Autriche, de mĂŞme que Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, comme Ă©tant des zones Ă  problèmes pour les services fiscaux Ă  la recherche des fraudeurs.

http://www.lefigaro.fr/impots/2009/05/11/05003-20090511ARTFIG00274-paradis-fiscaux-le-luxembourg-monte-au-creneau-.php

Quand Internet s’écroulera

La crise financière à mis en lumière les risques encourus par le non respect de la réglementation existante ou par les effets pervers d’une réglementation inadaptée. Il est aussi un domaine totalement anarchique sur lequel les politiques ne se sont posé que très peu de questions et qui pourrait provoquer un séisme bien plus grand encore s’il venait à s’écrouler : il s’agit de l’informatique en général et d’Internet en particulier.

Qui se préoccupe encore de s’assurer que le réseau Internet, par exemple, restera disponible en toute occasion, que les données transmises resteront fiables et que leur confidentialité sera assurée ? En vérité, peu de choses sont prévues et un sentiment d’impuissance règne au regard de cette nébuleuse.

Face à une informatique mondiale aujourd’hui dépendante de sociétés multinationales privées, dont l’objectif légitime est la rentabilité de leurs propres opérations, il manque les règles issues d’un consensus mondial ayant prééminence sur celles-ci, dont le défaut est d’être souvent à géométrie variable.

Nous faisons désormais aveuglément confiance en la fée informatique, puisque les autres le font également, mais nous ferions bien de nous poser les bonnes questions : le bel édifice est-il si solide qu’on le prétend ? Repose-t-il sur des bases saines ?

Nombreux sont les exemples démontrant que l’on croit maîtriser le tout, alors qu’il n’en est rien.

Bruno Kerouanton

http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=2609

Le marchĂ© de l’art sombre dans la dĂ©prime Ă  New York

Les invendus se multiplient dans les ventes Ă©vĂ©nements organisĂ©es aux Etats-Unis. Baromètre du marchĂ© de l’art, ces manifestations affrontent bel et bien le gros temps.

” La Fille de l’artiste Ă  deux ans et demi avec un bateau ” ? Invendu. ” Le Chat ” ? Invendu. Par deux fois, mardi dernier dans la soirĂ©e, lors de la prestigieuse et traditionnelle vente de printemps de la maison Sotheby’s Ă  New York, le marteau n’est pas tombĂ© pour conclure les enchères sur un tableau de Picasso et une sculpture de Giacometti estimĂ©es chacune entre 16 et 24 millions de dollars (entre 12 et 18 millions d’euros).

Au final, les 29 lots (sur 36) d’oeuvres impressionnistes et d’art moderne ayant trouvĂ© preneur ont rapportĂ© 61,4 millions de dollars, soit moitiĂ© moins qu’attendu. Mais, surtout, près de quatre fois moins que la vente de l’annĂ©e dernière, Ă  235,3 millions. Une confirmation, s’il en Ă©tait besoin, que le marchĂ© de l’art, dont ces ventes Ă©vĂ©nements sont en quelque sorte le baromètre, affronte bel et bien le gros temps.

Le lendemain, pourtant, Christie’s faisait mieux que son Ă©ternel concurrent en totalisant 102 millions de dollars pour 36 oeuvres vendues, dont un Picasso, ” Mousquetaire Ă  la pipe “, Ă  14,6 millions, et un Giacometti, ” Buste de Diego “, Ă  7,7 millions.
Les comptes de Christie’s et Sotheby’s impactĂ©s

Selon la presse amĂ©ricaine, le vendeur du ” Mousquetaire Ă  la pipe ” n’Ă©tait autre que le directeur gĂ©nĂ©ral de la chaĂ®ne de magasins de chaussures et de maroquinerie Nine West, Jerome Fisher, lequel aurait perdu quelque 150 millions de dollars, victime des placements hasardeux de Bernard Madoff. Pour Christie’s, qui ne dĂ©voile jamais le nom des vendeurs, le montant global de cette vente se rĂ©vèle nĂ©anmoins le plus faible enregistrĂ© par la maison, propriĂ©tĂ© de la famille Pinault depuis 2004.

Il est en outre loin du haut de la fourchette estimĂ©e, Ă  134,6 millions de dollars, et sensiblement moins Ă©levĂ© que celui obtenu lors de la vente du printemps 2008, Ă  277,3 millions. Le premier trimestre de cette annĂ©e ne laissait guère de doute quant Ă  l’Ă©volution du marchĂ© de l’art, dont l’activitĂ© dĂ©primĂ©e a fortement impactĂ© les comptes de Sotheby’s, sociĂ©tĂ© cotĂ©e Ă  New York.

Le groupe a publiĂ© jeudi dernier ses rĂ©sultats trimestriels, affichant une perte de 34,5 millions de dollars, supĂ©rieure aux attentes des analystes, contre un dĂ©ficit de 12,4 millions un an plus tĂ´t. Son chiffre d’affaires a baissĂ© de 58 %, Ă  54,4 millions. Sotheby’s prĂ©cise cependant que, compte tenu de son activitĂ© saisonnière, il s’attend Ă  des pertes au premier trimestre et au troisième. Sur les trois premiers mois de l’annĂ©e, historiquement, la maison ne rĂ©alise qu’entre 9 % et 14 % de ses ventes annuelles. Face Ă  la dĂ©gradation de la situation, elle a cependant portĂ© son plan d’Ă©conomies de 100 Ă  160 millions de dollars sur l’annĂ©e, dont une rĂ©duction de 20 % des effectifs. Cette semaine, les professionnels attendent avec une certaine anxiĂ©tĂ© les nouvelles ventes new-yorkaises de Christie’s et de Sotheby’s portant sur des oeuvres d’art contemporain.

http://www.lesechos.fr/patrimoine/famille/300348378.htm?xtor=RSS-2066

Les marchĂ©s s’emballent-ils trop vite ?

les marchĂ©s ont-ils, enfin, passĂ© le creux de la vague ? Depuis dĂ©but mars, l’essor soudain et inattendu, des Bourses aux Etats-Unis et en Europe a permis d’essuyer la quasi-totalitĂ© des pertes du dĂ©but de l’annĂ©e. En deux mois les marchĂ©s ont engrangĂ© entre 25 % et 30 %.

Et le mois de mai dĂ©bute sur la mĂŞme note. En cinq sĂ©ances les indices Ă  Paris, Londres ou New York ont encore gagnĂ© du terrain : 4,83 % pour le CAC 40, 5,15 % pour le Footsie et 4,41 % pour le Dow Jones. Est-ce Ă  dire que le pire est passĂ© ? Que l’Ă©conomie mondiale est prĂŞte Ă  repartir ?

Certains le croient, encouragĂ©s par les grands dĂ©cideurs Ă©conomiques. “Je pense que les choses vont mieux”, a notamment assurĂ©, jeudi 7 mai, Timothy Geithner, le secrĂ©taire au TrĂ©sor amĂ©ricain. Tandis que le prĂ©sident de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale (Fed), Ben Bernanke, annonçait plus tĂ´t devant le Congrès que la reprise aurait sans doute lieu dès cette annĂ©e.

Des angoisses ont bien ressurgi en dĂ©but de semaine au sujet de l’Ă©tat de santĂ© du secteur financier amĂ©ricain. Quelques jours avant les rĂ©sultats du stress test, l’audit public de rĂ©sistance et de rĂ©silience des banques de Wall Street Ă  un approfondissement de la crise, les rumeurs les plus inquiĂ©tantes ont circulĂ© sur les marchĂ©s. Mais l’administration amĂ©ricaine semble avoir pris les choses en main. En orchestrant savamment des fuites, les rĂ©sultats du test ont Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©s au compte-gouttes. Et, bien meilleurs qu’attendu, ils ont su rassurer au plus vite les investisseurs. Ainsi l’annonce officielle jeudi soir n’a ni surpris ni inquiĂ©tĂ©. Et si dix sur les dix-neuf banques auditĂ©es ont besoin de se renflouer de 74,7 milliards de dollars (55,7 milliards d’euros), le marchĂ© juge le dĂ©fi rĂ©alisable.

“Avec ce test, le risque d’un deuxième choc financier comme la faillite de Lehman s’Ă©loigne”, commente Philippe Waechter, responsable de la recherche chez Natixis AM. Certes, “il est un peu surprenant que 180 personnes au sein de l’administration amĂ©ricaine aient pu faire en deux mois le travail que personne d’autre n’a su faire en un an, mais le rĂ©sultat est lĂ , et ce test rassure”, dit-il.

En outre, au-delĂ  du secteur financier, les choses semblent aussi aller mieux. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, les analystes de Bank of America-Merrill Lynch cochent les cases nĂ©cessaires Ă  la reprise. A ce jour, ils en ont noirci quatre. Les taux d’intĂ©rĂŞt baissent, le marchĂ© du crĂ©dit se rĂ©tablit, le moral des investisseurs va mieux et les perspectives des industriels sont moins pessimistes. A cela peut s’ajouter une lĂ©gère embellie sur le marchĂ© de l’emploi. Aux Etats-Unis, le chĂ´mage reste exceptionnellement Ă©levĂ© (8,9 % en avril), mais les destructions d’emplois se font moins nombreuses. “MĂŞme les rĂ©cessions les plus sĂ©vères ne durent pas pour toujours”, conclut Holger Schmieding, Ă©conomiste chez Bank of America-Merrill Lynch.

Pour autant, il est sans doute un peu tĂ´t pour que les investisseurs soient tout Ă  fait soulagĂ©s. Car ” si les choses vont moins mal, elles ne vont pas bien”, rappelle Jean-Louis Mourier, analyste chez Aurel BGC.

De fait, les rĂ©sultats des entreprises ne traduisent en aucune manière une rĂ©elle embellie. La crise prĂ©cipite le secteur automobile dans la tourmente. Le numĂ©ro un mondial, le japonais Toyota, a annoncĂ© cette semaine qu’il avait enregistrĂ© les premières pertes de son histoire, de 436,9 milliards de yens (3,3 milliards d’euros) pour l’exercice 2008-2009. En Allemagne, l’avenir d’Opel inquiète le gouvernement. Aux Etats-Unis, le dĂ©pĂ´t de bilan du gĂ©ant General Motors (GM) est ” vraisemblable”, selon le prĂ©sident du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), Ken Lewenza. Quant Ă  celui de Chrysler, il est dĂ©jĂ  actĂ© depuis fin avril.

Dans le bâtiment, les dĂ©boires du marchĂ© espagnol font vaciller les groupes de BTP. Sacyr Vallehermoso a annoncĂ© un bĂ©nĂ©fice en chute libre de 80,2 % Ă  41 millions d’euros. Ailleurs, les plans de licenciement restent lĂ©gion. L’industriel allemand ThyssenKrupp a notamment indiquĂ© vendredi la suppression de 1 800 Ă  2 000 postes outre-Rhin.

Et si dans la finance le pire a peut-ĂŞtre Ă©tĂ© Ă©vitĂ©, la santĂ© du secteur reste fragile. Vendredi, l’allemande Commerzbank l’a rappelĂ© avec une perte de 861 millions d’euros au premier trimestre, comme la britannique RBS avec un trou de 961 millions d’euros.

Selon M. Mourier, le rebond du marchĂ© est donc certainement exagĂ©rĂ©. “Le marchĂ© est fait d’excès, estime-t-il. Les investisseurs Ă©taient trop pessimistes, ils jouaient la fin du monde. Aujourd’hui ils s’emballent.” Les analystes redoutent maintenant la correction.
Claire Gatinois

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/05/09/les-marches-s-emballent-ils-trop-vite_1190957_3234.html#xtor=RSS-3234

Le géant suisse UBS en passe de fermer quatre implantations sur dix en France

U.B.S. vient de lever le voile, en interne, sur le volet français de son effort mondial de restructuration. Les salariĂ©s français ont Ă©tĂ© informĂ©s hier de la fermeture envisagĂ©e de quatre agences sur les dix que le leader mondial de la gestion de fortune possède dans l’Hexagone.

Les villes concernées sont Aix-en-Provence, Cannes, Lille et Toulouse, autant de métropoles régionales touchées par les réductions de capacité pilotées depuis Zürich, à la différence de Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg.

Le gĂ©ant suisse s’Ă©tait dotĂ© d’implantations en province au cours de la dĂ©cennie pour mieux sĂ©duire la clientèle française, notamment celle des entrepreneurs. Mais il a Ă©tĂ© l’une des trois banques europĂ©ennes les plus affectĂ©es par la crise financière.
Une image affaiblie

L’affaire du secret bancaire suisse a encore aggravĂ© les choses Ă  la mi-fĂ©vrier quand UBS a dĂ» livrer le nom de clients suspectĂ©s de fraude fiscale aux autoritĂ©s amĂ©ricaines, ce qui a portĂ© un nouveau coup Ă  son image dĂ©jĂ  affaiblie par les pertes liĂ©es Ă  la crise du « subprime » (crĂ©dit hypothĂ©caire amĂ©ricain) et Ă  l’affaire Madoff.

A la diffĂ©rence de celles de 2008, les suppressions de postes annoncĂ©es par le nouveau patron Oswald GrĂĽbel ne visent plus au premier chef la banque d’investissement. Sur les 10.000 emplois concernĂ©s entre fin 2008 et fin 2010, le pĂ´le gestion de fortune internationale et banque suisse dont dĂ©pend la France, en perdra environ 4.000. Le groupe emploie environ 350 personnes dans la gestion de fortune dans l’Hexagone sur près de 700 personnes au total.
S. R., Les Echos

http://www.lesechos.fr/info/finance/4862021.htm?xtor=RSS-2009

RĂ©gularisation des avoirs dĂ©tenus Ă  l’Ă©tranger : des freins subsistent pour les particuliers

L’absence d’amnistie fiscale et l’instabilitĂ© juridique freinent les contribuables français souhaitant rapatrier des avoirs placĂ©s Ă  l’Ă©tranger. Seuls les hĂ©ritiers d’un compte bancaire ouvert hors de France pourraient ĂŞtre tentĂ©s par la rĂ©gularisation.

Depuis peu, Bercy a mis en place des cellules dĂ©diĂ©es aux contribuables rĂ©sidents français dĂ©tenant des avoirs non dĂ©clarĂ©s dans les paradis fiscaux. Ce dispositif temporaire dont la durĂ©e n’a pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©e, pourrait prendre fin d’ici la fin de cette annĂ©e. En attendant, les candidats au rapatriement de fonds restent plutĂ´t rares. ” Pour des raisons Ă©videntes de discrĂ©tion, ils prĂ©fèrent se renseigner auprès de l’administration par l’intermĂ©diaire d’un avocat fiscaliste “, prĂ©cise Gilles Etienne, directeur associĂ© chez Cyrus Conseil Ă  Paris. S’informer ne signifie pas forcĂ©ment franchir le cap et rapatrier ses fonds logĂ©s hors de France.
Deux grands freins subsistent pour ce retour vers l’Hexagone.

” D’une part l’absence d’amnistie fiscale puisque ces contribuables devront acquitter immĂ©diatement les impĂ´ts dans la limite de la prescription lĂ©gale “, poursuit Gilles Etienne. Cette taxation concerne l’impĂ´t sur le revenu, celui de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) et les droits de succession. En effectuant sa rĂ©gularisation, le contribuable s’expose donc Ă  des intĂ©rĂŞts de retard et Ă  des pĂ©nalitĂ©s sur ces actifs placĂ©s gĂ©nĂ©ralement dans des comptes titres, des livrets d’Ă©pargne, des contrats d’assurance vie de droit Ă©tranger.

D’autre part, l’instabilitĂ© fiscale freine nombreux de gros contribuables. Certes le bouclier fiscal permet actuellement de plafonner Ă  50% de ses revenus ses impĂ´ts directs : impĂ´t sur le revenu, impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune, prĂ©lèvements sociaux, taxe foncière et taxe d’habitation. Mais les difficultĂ©s d’application du bouclier fiscal en matière d’assurance-vie dĂ©couragent les particuliers qui recourent Ă  ce placement pour rĂ©duire leurs revenus. Dans l’hypothèse oĂą le bouclier fiscal serait maintenu pendant ce quinquennat dans sa forme actuelle, on peut s’interroger sur sa refonte, voire sa disparition au-delĂ  des Ă©lections prĂ©sidentielles de 2012. Surtout en cas de changement prĂ©sidentiel et/ou parlementaire.
A quoi sert le guichet de régularisation ?

Dans ces conditions, quand est-il judicieux de recourir au guichet de rĂ©gulatrisation mis en place par Bercy ? Sans doute, lorsque dans le cadre d’une succession, un particulier dĂ©couvre un compte bancaire ouvert Ă  l’Ă©tranger. Afin de rĂ©cupĂ©rer les capitaux en France, l’administration fiscale pourrait examiner cette situation spĂ©cifique avec mansuĂ©tude. Et pourquoi pas, si le dossier est bien nĂ©gociĂ© par un professionnel du droit, renoncer aux pĂ©nalitĂ©s et aux intĂ©rĂŞts de retard pour le contribuable de bonne foi ?

http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300346423.htm?xtor=RSS-2066

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