Immobilier : acheter ou attendre encore ?
Dans la capitale, les prix reculent dans tous les arrondissements. (Photo Jean-Christophe Marmara/ Le Figaro)
Sur un an, les prix ont dĂ©jĂ baissĂ© de 9.3% en France. Des experts Ă©valuent la situation du marchĂ© immobilier et encouragent la prudence avant d’acheter, le bas du cycle n’Ă©tant probablement pas atteint.
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Marc Touati, économiste et directeur général de Global Enquities :
«Encore une baisse de 10% d’ici Ă la fin 2010»
«Ces dernières annĂ©es, la valeur des biens immobiliers avait trop augmentĂ© par rapport aux revenus des mĂ©nages qui ne pouvaient plus se porter acquĂ©reurs. La baisse des prix et celle des taux d’intĂ©rĂŞt ont permis de resolvabiliser les acheteurs.
Au dĂ©clenchement de la crise, j’avais anticipĂ© une baisse de 20%. Nous sommes donc Ă mi-chemin. Je pense que les prix vont encore diminuer de 10% d’ici Ă la fin 2010 ou au dĂ©but 2011, puis ils repartiront Ă la hausse. L’investissement dans le neuf devrait repartir Ă l’Ă©tĂ© prochain, avec de nouvelles mises en chantier. Ce scĂ©nario est toutefois conditionnĂ© Ă la politique monĂ©taire mise en Ĺ“uvre par la Banque centrale europĂ©enne (BCE). Le rebond est fragile : une remontĂ©e brutale des taux d’intĂ©rĂŞt en 2010 risquerait de tuer dans l’Ĺ“uf la reprise. Paradoxalement, ce facteur d’incertitude pourrait inciter les acquĂ©reurs Ă emprunter avant la fin de cette annĂ©e».
Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques à Xerfi :
«Redémarrage seulement en 2012»
«Le mouvement de baisse est bien enclenchĂ© et les cycles de l’immobilier sont gĂ©nĂ©ralement longs. L’Ă©volution du taux de chĂ´mage, qui devrait atteindre prochainement 10%, a un double impact sur ce marchĂ©. Les personnes concernĂ©es ne peuvent plus acheter et les autres sont gagnĂ©es par un sentiment de dĂ©fiance. Qui prendrait le risque de s’engager sur un crĂ©dit au long cours alors que pèsent des incertitudes sur son emploi ? De plus, les jeunes, qui Ă©prouvent le plus de difficultĂ©s Ă trouver du travail, forment gĂ©nĂ©ralement le premier bataillon des primo-accĂ©dants. Au final, je table sur une baisse de 10,5% de la valeur de l’ancien cette annĂ©e et de 5% l’an prochain. 2011 serait une annĂ©e de stabilisation et le redĂ©marrage n’interviendrait qu’en 2012.
Le neuf a connu une accĂ©lĂ©ration du nombre de transactions au premier semestre, boostĂ© par le dispositif Scellier. Les investisseurs ont prĂ©fĂ©rĂ© placer leur argent dans l’immobilier plutĂ´t que dans la Bourse oĂą le rebond semblait plus fragile. La situation semble aujourd’hui changer et je n’exclus pas un retournement de ce marchĂ© Ă la fin de l’annĂ©e. Les prix ne peuvent cependant pas baisser comme dans l’ancien. D’abord parce que ces dernières annĂ©es, les prix avaient augmentĂ© moins vite. Ensuite parce que les coĂ»ts de construction s’Ă©lèvent Ă mesure que pèsent de nouvelles contraintes nĂ©es du Grenelle de l’Environnement».
Alban Lacondemine, porte-parole de la société Emprunt Direct :
«Les taux vont remonter en 2010»
«La crise des liquiditĂ©s est passĂ©e et les banques ont accompli des baisses agressives de taux. Aujourd’hui, il est possible d’emprunter entre 3,60% et 3,70% sur dix ans, de 3,80 Ă 3,90% sur 15 ans et 3,90 Ă 3,95% sur 25 ans. Cette tendance Ă la baisse peut encore se poursuivre jusqu’Ă la fin de l’annĂ©e, mais la marge n’est pas importante. Ensuite, on peut imaginer que les taux vont remonter en 2010, mais sans savoir si cette hausse va intervenir en dĂ©but, milieu ou fin d’annĂ©e prochaine. Grâce Ă cette baisse, les acquĂ©reurs retrouveraient un peu de pouvoir d’achat et l’on verrait revenir les primo-accĂ©dants. Le recul des prix est sans doute bientĂ´t fini. Cet Ă©tĂ©, l’activitĂ© a Ă©tĂ© forte, portĂ©e par tous ceux qui n’ont pas pu acheter depuis plus d’un an. La loi Scellier a dynamisĂ© le marchĂ© du neuf, mais le risque n’est pas Ă©cartĂ© de crĂ©er une nouvelle bulle spĂ©culative».
Mathilde Lemoine, chef économiste à HSBC :
«Fin de la baisse mi-2010»
«La baisse des prix devrait se poursuivre au 3e et 4e trimestre, sans toutefois s’accĂ©lĂ©rer. Au total, nous estimons que le marchĂ© de l’ancien va reculer de 7% cette annĂ©e et celui du neuf de 5%. Ce secteur rĂ©siste un peu mieux que la revente car les promoteurs ont rĂ©agi rapidement en limitant les mises en chantier. Au cours des diffĂ©rentes crises, on observe que le creux des transactions prĂ©cède celui des prix de deux trimestres. Or, le volume des ventes a nettement remontĂ© cet Ă©tĂ©. On peut donc penser que la valeur des biens aura atteint son plancher mi-2010. Mais d’ici lĂ , ils vont continuer Ă flĂ©chir. Pour que les mĂ©nages retrouvent leur solvabilitĂ© de 2003, il faudrait que les prix diminuent de 25% depuis le dĂ©clenchement de la crise. En 2010, la baisse devrait donc se poursuivre de 10%. L’ajustement est plus brutal en province qu’Ă Paris car la bulle spĂ©culative y Ă©tait plus importante
http://www.lefigaro.fr/immobilier/2009/09/15/05002-20090915ARTFIG00447-les-prix-vont-ils-continuer-a-baisser-.php



