AVIS D’EXPERT. “Le CAC 40 atteindra 4.600 points fin 2010″
Les gérants de Lazard Frères Gestion voient le CAC 40 à 4.600 points d’ici la fin de l’année, soit une hausse de 15% à 20%. Les actions ne sont pas chères et possèdent, selon eux, un potentiel de hausse important. Les secteurs à privilégier en 2010.                              Â
Pour 2010, Lazard Frères Gestion dévoile un message positif. Matthieu Grouès, associé-gérant et Régis Bégué, directeur de la gestion Actions, voient le CAC 40 à 4.600 points, soit une hausse de 15% à 20% sur l’année. Malgré leur important rebond, les actions devraient effectuer un beau parcours cette année. Interview.
Qu’attendez-vous de la Bourse de Paris en 2010 ?
DRMatthieu Grouès et Régis Bégué : Nous ne croyons pas à un renversement de la situation par rapport à 2009. Les indicateurs économiques et les éléments de valorisation plaident tous pour une poursuite du mouvement aux Etats-Unis et en Europe. Aux USA, les indices ISM de confiance des affaires qui existent depuis 50 ans et qui ne se sont jamais trompés retrouvent des niveaux élevés. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont nettement orientées à la baisse. Les entreprises américaines, qui ont beaucoup licencié dans la récession, devraient rapidement augmenter leurs effectifs. Dans les autres pays, où ce sont surtout les heures de travail qui ont été réduites, le retour à des créations d’emplois vigoureuses sera sans doute plus lent.
Régis Bégué, directeur de la gestion Actions - DRD’autres éléments peuvent être mis en avant : les prix immobiliers aux USA ne baissent plus, il y a même une légère progression. La consommation va repartir au niveau global et se maintenir à un rythme soutenu en Chine et tirer ainsi l’économie mondiale en 2010. Les actions ne sont pas chères et elles possèdent un potentiel de hausse important. De plus, 2010 sera également une année où les OPA et les fusions acquisitions animeront le marché. Nos projections pour l’indice parisien CAC 40 sont de 4.600 points à la fin de l’année 2010. Un CAC 40 à 5.500 points d’ici trois ans ne serait pas un niveau aberrant. Début 2009, nous étions descendus à un niveau de valorisation des actions comparable à celui de la période de guerre 1939/1945.
Quels sont les tailles d’entreprises, les valeurs et les secteurs économiques à privilégier ?
Matthieu Grouès et Régis Bégué : Il nous paraît plus important de juger une entreprise par la qualité de son management, son niveau d’endettement et de rentabilité ou encore par son appartenance sectorielle que par sa taille. Il y a des entreprises - petites ou grandes - mal gérées et d’autres qui créent durablement de la richesse. Si les petites valeurs peuvent offrir une certaine décorrélation des grandes, nous ne surpondérerons pas particulièrement ces titres en 2010. Nous préférons oublier la taille de la capitalisation pour étudier la vraie valeur du titre.
De nombreuses valeurs sont encore à 50%, voire 60% de leur plus haut historique d’avant la crise. Par exemple, c’est le cas d’Axa qui est à 17 euros environ alors que le titre cotait 30 euros en 2007. Or le paysage dans l’assurance dommages et l’assurance vie, après s’être fortement détérioré en 2009, pourrait être à nouveau très favorable. Pour sa part, BNP Paribas a prouvé, dans un secteur pourtant très affecté par la crise économique et financière, qu’il était capable d’y résister sans endommager le retour aux actionnaires, et même apte à profiter de la situation pour réaliser des opérations opportunes, comme l’acquisition des actifs de Fortis. Nous sommes donc confiants dans certaines valeurs financières et certaines cycliques. Mais il y a aussi du potentiel dans des secteurs plus défensifs.
Et quelle autre zone géographique mettriez-vous en avant ?
Matthieu Grouès et Régis Bégué : Les principaux risques qui sont avancés sont les retraits trop rapides des aides publiques et le pétrole trop cher. Le premier risque nous paraît très faible. Le deuxième, dépendant d’éléments de marchés, est plus difficilement prévisible mais la relative stabilité du pétrole depuis le mois de juin est plutôt rassurante. Nous ne croyons pas aux risques inflationnistes, car nous sommes en sous-production partout dans le monde. Europe et Japon pourraient être les marchés qui tireront le mieux leur épingle du jeu. Nous observons en effet qu’historiquement les marchés euro ont tendance à amplifier les hausses du marché américain. Le marché japonais est très en retard. Il n’ a pas tiré profit de l’année 2009.
PROPOS RECUEILLIS PAR BERNARD LE COURT, Les Echos
A lire également en rubrique “Finances personnelles” :
Interview “Où placer son argent en 2010″
http://www.lesechos.fr/patrimoine/bourse/300404786.htm?xtor=RSS-2066



