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Dans quel Ă©tat se trouveront les portefeuilles au 31 dĂ©cembre prochain ? Pour la première fois, nous avons rĂ©uni les avis de seize sociĂ©tĂ©s de gestion. A toutes, nous avons posĂ© les mĂŞmes questions : quelle orientation gĂ©nĂ©rale aux indices des marchĂ©s actions ; quelles perspectives d’Ă©volution des taux pour les obligations, quel niveau d’inflation, la tendance pour le dollar et le prix du bail. Les trois quarts des investisseurs professionnels ont placĂ© les actions en tĂŞte de leurs actifs prĂ©fĂ©rĂ©s. Certes, ils n’excluent pas des parcours chaotiques, voire des consolidations Ă court terme. Mais ils prĂ©fèrent quand mĂŞme les titres d’entreprises aux obligations d’Etat. Dans la mĂŞme logique, ils privilĂ©gient les titres d’emprunts privĂ©s. C’est l’enseignement majeur de ce dĂ©but d’annĂ©e : les entreprises inspirent dĂ©sormais plus confiance que les pays. Extraits choisis parmi les analyses des stratĂ©gistes.   Â
” Si on espère une performance Ă 2 chiffres, c’est sur les actions qu’il convient d’investir. ”
Rachid Medjaoui,adjoint au directeur de la gestion (La Banque Postale AM)
” La tendance sur les marchĂ©s actions ne sera pas aussi spectaculaire qu’en 2009, mais si on espère une performance Ă 2 chiffres, c’est sur les actions qu’il convient d’investir. Enfin, compte tenu de leur prix actuel, les obligations indexĂ©es sur l’inflation offrent une protection intĂ©ressante. Car, si nous n’envisageons pas une reprise Ă court terme de l’inflation, nous ne pouvons pas l’exclure Ă moyen terme. ”
” Les Français restent trop peu exposĂ©s aux actions. ”
Jean-Patrice Prudhomme, directeur de la gestion sous mandat (Barclays Wealth Managers)
” L’amĂ©lioration de la conjoncture devrait ĂŞtre plus modĂ©rĂ©e de part et d’autre de l’Atlantique alors que la croissance restera forte dans les pays Ă©mergents. Après avoir massivement placĂ© leurs Ă©conomies en produits monĂ©taires et en obligations du fait de la crise, les particuliers restent trop peu exposĂ©s aux actions, alors que ce placement est l’un des plus rentables sur longue pĂ©riode. Nous surpondĂ©rons donc les actions. ”
” Le marchĂ© boursier directeur n’est plus Wall Street, mais Shanghai. ”
Eric Le Coz, membre du comitĂ© d’investissements (Carmignac)
” Le rééquilibrage Ă©conomique global a dĂ©placĂ© irrĂ©versiblement les foyers de croissance vers les pays Ă©mergents dont la force de traction est dĂ©sormais telle que le marchĂ© boursier directeur n’est plus Wall Street, mais Shanghai. La reprise des pays dĂ©veloppĂ©s va rĂ©duire leur dĂ©ficit d’activitĂ© par rapport aux Ă©mergents. Y aura-t-il pour autant une surperformance de leurs Bourses ? Pas sĂ»r. Car l’inĂ©vitable ponction Ă venir des excès de liquiditĂ©s va inciter les investisseurs Ă plus de discernement. ”
” Les valorisations rendent possible un retour des OPA. ”
Julien Vincenti, gĂ©rant allocation d’actifs (CCR AM)
” Les facteurs de soutien Ă une poursuite de la hausse des indices semblent plus forts que les risques identifiĂ©s. Les conditions de financement sont meilleures et les valorisations rendent possible un retour des OPA. Enfin, l’effet retard de certaines analyses peut laisser la place Ă de bonnes surprises sur les rĂ©sultats. Ces perspectives justifient un optimisme raisonnable. Mais la discrimination entre les supports et secteurs sera prĂ©pondĂ©rante. ”
” Les actions pourraient d’abord s’apprĂ©cier de 5 Ă 10 %. ”
Vincent Guenzi, stratégiste (Cholet Dupont)
” Pour l’instant, la conjoncture Ă©conomique reste bien orientĂ©e et les discours des grandes banques centrales sont plutĂ´t apaisants. Les actions pourraient d’abord s’apprĂ©cier de 5 Ă 10 %, puis ĂŞtre contrariĂ©es par une incertitude croissante (Ă©volution des taux, rythme de la croissance, dĂ©ceptions sur des rĂ©sultats). Sur l’annĂ©e, les indices devraient progresser modĂ©rĂ©ment… La sĂ©lectivitĂ© reste de rigueur. ”
” Les marchĂ©s sont au mĂŞme niveau qu’en 2003. ”
Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions (Dexia AM)
” Les actions sont la seule classe d’actifs Ă ne pas avoir retrouvĂ© leur niveau de l’Ă©tĂ© 2008. Les marchĂ©s europĂ©ens sont au mĂŞme niveau que 2003 (actif net) alors qu’une hausse de 20 % des bĂ©nĂ©fices est possible. Les actions peuvent ainsi progresser sans que leur PER s’enflamme. La stratĂ©gie des haltères qui consiste Ă concilier actions de croissance de qualitĂ© et titres plus cycliques semble ĂŞtre la meilleure pour profiter de la hausse des marchĂ©s, tout en restant prudent. ”
” Le moment est venu de sortir des emprunts d’Etat. ”
Bill O’Neill, responsable de la stratĂ©gie (Merrill Lynch Wealth Management)
” Bonne annĂ©e pour les actions, en particulier pour celles exposĂ©es Ă la Chine, l’Inde, la Malaisie, l’IndonĂ©sie et la CorĂ©e et pour les titres cycliques, industriels et les matières premières. Les Ă©ventuels resserrements monĂ©taires au second semestre pourraient apporter un risque de choc brusque, mais de courte durĂ©e. Aussi, le moment est-il venu de sortir des emprunts d’Etat oĂą les risques semblent particulièrement patents sur les courbes de taux amĂ©ricains et britanniques. ”
” Le potentiel de performance des actions est encore important en particulier au Japon. ”
Matthieu Grouès, responsable stratégie et allocation (Lazard Frères Gestion)
” Les autoritĂ©s resteront prudentes alors que certains risques demeurent. Dans un contexte globalement favorable, les actifs risquĂ©s et les actions sont Ă privilĂ©gier. Certes, ces dernières ont beaucoup progressĂ© depuis leur plus bas, mais les niveaux Ă©taient aberrants ! Avec la poursuite de l’amĂ©lioration Ă©conomique, le potentiel de performance des actions est encore très important, en particulier au Japon. ”
” Les actions continuent d’offrir d’intĂ©ressants points d’entrĂ©e. ”
Gerhard Aigner, directeur gĂ©nĂ©ral en charge de la gestion d’actifs (Raiffeisen)
” Les actions continuent d’offrir d’intĂ©ressants points d’entrĂ©e. On peut s’attendre Ă une hausse mais il est plus prudent d’Ă©taler les investissements et de profiter des phases de baisse. A l’Ă©chelle mondiale, les investisseurs disposent de liquiditĂ©s considĂ©rables. Dans un contexte marquĂ© par une faiblesse durable des taux d’intĂ©rĂŞt, la demande pour des formes d’investissements plus rentables ne va cesser de s’intensifier au cours des prochains mois. ”
” De bien meilleurs rendements pour les actions. ”
Daniel C. Peirce, ” senior global strategist ” (State Street GA)
” En valeur absolue, les rendements sur bĂ©nĂ©fice estimĂ©s pour 2010 sont autour de 5 % pour le Japon, de 6 Ă 7 % pour les Etats-Unis et 8 % pour Europe. Ces rĂ©munĂ©rations sont bien au-dessus de celles des obligations gouvernementales ou d’entreprises dont la moyenne des rendements tourne autour de 2 % pour le Japon et les Etats-Unis, et de 3 % Ă 4 % pour l’Europe. Ces niveaux sont donc suffisants pour soutenir les actions aussi longtemps que les perspectives de profits reste saines. ”
http://www.lesechos.fr/patrimoine/sicav/300406940.htm?xtor=RSS-2066