Catégorie : Fiscalité

RĂ©gularisation des avoirs Ă  l’Ă©tranger : bientĂ´t un guichet national

 
Bercy devrait mettre en place un guichet national de rĂ©gularisation des actifs dĂ©tenus Ă  l’Ă©tranger. En se dĂ©clarant spontanĂ©ment, les particuliers Ă©viteraient ainsi les poursuites fiscales. Mais, ils s’exposeraient Ă  des intĂ©rĂŞts de retard et Ă  une majoration d’impĂ´t.   
PĂ©riode de transition dans le processus de rĂ©gularisation ? On pourrait le croire en se basant sur la rĂ©ponse de la cellule de rĂ©gularisation des actifs dĂ©tenus Ă  l’Ă©tranger appelĂ©e ce jour au tĂ©lĂ©phone. ” Vous souhaitez rapatrier des avoirs cachĂ©s en dehors de France ? c’est trop tard puisque nos services ont fermĂ© le 31 dĂ©cembre 2009, rĂ©pond mon interlocuteur. Ou c’est trop tĂ´t, car il faut attendre une communication du ministre du budget qui dĂ©finira les nouvelles modalitĂ©s de ce service “. En clair, les contribuables retardataires auraient intĂ©rĂŞt Ă  patienter pour se remettre en règle.

Son de cloche identique Ă  Bercy : ” nous ne connaissons pas encore le contour du nouveau dispositif qui sera annoncĂ© prochainement “. Eric Woerth a annoncĂ© que l’administration fiscale continuerait Ă  fixer des pĂ©nalitĂ©s rĂ©duites aux particuliers acceptant de dĂ©clarer leurs avoirs cachĂ©s. S’ils ne souhaitent pas attendre, ils se retrouvent dans la situation qui prĂ©valait avant la mise en place de la cellule intervenue en avril 2009. Concrètement cela revient Ă  contacter directement les services fiscaux. Ou mieux encore, d’entrer en relation avec un avocat fiscaliste qui nĂ©gociera avec l’administration fiscale.
Intérêts de retard et majoration réduits en 2009
Les dossiers dĂ©posĂ©s par la cellule de rĂ©gularisation mise en place jusqu’au 31.12.2009 sont dĂ©jĂ  traitĂ©s ou en cours de traitement. N’ayant pas fraudĂ©, les hĂ©ritiers se retrouvent avec une situation Ă  gĂ©rer. Sur le plan fiscal, ils doivent acquitter les impĂ´ts et parviennent Ă  obtenir un plafonnement Ă  10% des intĂ©rĂŞts de retard calculĂ©s sur les impĂ´ts dus et, des pĂ©nalitĂ©s sous forme de majoration d’ impĂ´ts rĂ©duite Ă  5% au lieu de 40%.
En revanche, le fisc est moins gĂ©nĂ©reux avec les fraudeurs, qui doivent gĂ©nĂ©ralement supporter une majoration d’impĂ´ts ( pĂ©nalitĂ©s ) de 20% et rĂ©gler en totalitĂ© les intĂ©rĂŞts de retard. Variable, leur montant dĂ©pend Ă  la fois du type d’impĂ´t Ă  rĂ©gler et du nombre d’annĂ©es en arriĂ©rĂ©.
Pas de poursuites pénales
” Dans le courant du printemps, il est probable que Bercy annonce la mise en place d’un guichet national prĂ©voit Me Dominique Derveaux, avocat fiscaliste Ă  Paris. AppelĂ© Ă  ĂŞtre pĂ©renne, ce guichet aurait pour mission de faire le lien entre les contribuables et les services fiscaux classiques d’assiette et de contrĂ´le “. A noter que la crĂ©ation de ce guichet national pourrait faire l’objet d’un vote au Parlement.

Cette fois, l’administration fiscale semblerait pour l’avenir, et pour les seules rĂ©gularisations spontanĂ©es, davantage tentĂ©e de faire un geste au niveau judiciaire que financier. En effet, la loi de finances rectificative pour 2009 Ă©tend sĂ©rieusement les moyens en termes de poursuites pĂ©nales pour les placements effectuĂ©s Ă  l’Ă©tranger, et non dĂ©clarĂ©s. DĂ©sormais, ĂŞtre poursuivi au tribunal correctionnel devient une vraie menace, si l’on ne se met pas en règle. ” En se prĂ©sentant de manière spontanĂ©e pour dĂ©clarer des actifs dĂ©tenus Ă  l’Ă©tranger, les particuliers ne devraient pas subir les poursuites pĂ©nales, poursuit Me Dominique Derveaux. En revanche, il ne faut guère s’attendre Ă  des remises importantes sur les majorations d’impĂ´t ou les intĂ©rĂŞts de retard “. Bien que rien ne semble dĂ©finitivement arrĂŞtĂ©, on peut tabler sur un meilleur traitement par l’administration fiscale des hĂ©ritiers dĂ©clarant des comptes ouverts Ă  l’Ă©tranger, que des vĂ©ritables fraudeurs.

Constituer un dossier en 2010
Avant la mise en place du guichet national, les contribuables souhaitant régulariser leur situation en 2010 ont tout intérêt à constituer leur dossier immédiatement, en obtenant les justificatifs de leurs placements, auprès de leurs intermédiaires financiers étrangers. Concernant plusieurs années antérieures, ces démarches préalables prennent des semaines, voire quelques mois.

En attendant le fameux guichet national, les avocats fiscalistes prĂ©fèrent momentanĂ©ment garder sous le coude les dossiers de leurs clients, tout en constituant un dossier qui dĂ©montrerait l’intention de leurs clients de rĂ©gulariser leurs avoirs, de manière spontanĂ©e. Entre l’impĂ´t sur le revenu, l’impĂ´t sur la fortune et Ă©ventuellement les droits de transmission Ă  titre gratuit Ă  dĂ©clarer sur plusieurs annĂ©es, la constitution d’un tel dossier n’est pas une mince affaire.

MARTINE DENOUNE, les Echos

http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300413382.htm?xtor=RSS-2066

La Suisse ne veut plus accueillir d’Ă©vadĂ©s fiscaux

 

 

Berne prĂ©pare un dispositif pour refuser le dĂ©pĂ´t d’avoirs Ă©trangers non dĂ©clarĂ©s.
 
À Genève

Mise au pied du mur, la place financière suisse se cherche un avenir. Jeudi après-midi, le Conseil fĂ©dĂ©ral a dĂ©fini les contours d’une stratĂ©gie contre la fraude fiscale et la soustraction d’impĂ´ts, après les tensions liĂ©es Ă  l’affaire UBS et au vol de donnĂ©es bancaires vers la France et l’Allemagne. Pour la Suisse, l’enjeu n’est autre que la survie du secret bancaire, une disposition inscrite dans la loi depuis 1934.

Sur ce point, ce n’est pas encore la rĂ©volution. «Le Conseil fĂ©dĂ©ral s’oppose Ă  un Ă©change automatique d’informations qui soumettrait le citoyen Ă  un contrĂ´le permanent», a dĂ©clarĂ© le ministre des Finances, Hans-Rudolf Merz, lors d’une confĂ©rence de presse. Ce système, rĂ©clamĂ© par plusieurs pays de l’OCDE (Organisation pour la coopĂ©ration et le dĂ©veloppement Ă©conomique), aurait accĂ©lĂ©rĂ© la disparition du secret bancaire en tant que tel. Mais, face aux pressions de l’Ă©tranger, les autoritĂ©s suisses ont dĂ» faire des concessions. «Le Conseil fĂ©dĂ©ral entend rĂ©gulariser les avoirs non dĂ©clarĂ©s, tout en protĂ©geant la sphère privĂ©e des clients. Il refuse le dĂ©pĂ´t en Suisse des avoirs non dĂ©clarĂ©s provenant d’autres pays», a prĂ©cisĂ© le gouvernement. En clair, la Suisse souhaite maintenir une certaine confidentialitĂ©, mais ne veut plus d’Ă©vadĂ©s fiscaux. Reste Ă  savoir comment elle entend mettre ce principe en application.

Pour Hans-Rudolf Merz, il n’y a pas de «voie royale» : il faut d’abord adopter les standards de l’OCDE. Le Parlement suisse devra ainsi ratifier rapidement les dix-huit paraphes aux conventions de double imposition Ă©tablis depuis mars 2009, qui suppriment la distinction entre fraude et Ă©vasion fiscale. En parallèle, Berne rĂ©flĂ©chit aux moyens de vĂ©rifier que la fortune d’un client Ă©tranger est bien dĂ©clarĂ©e dans son pays d’origine. Une nouvelle loi pourrait- elle obliger les banquiers suisses Ă  demander des comptes Ă  leurs clients ? Selon SĂ©bastien Guex, spĂ©cialiste du secret bancaire Ă  l’universitĂ© de Lausanne, «tout est possible. Mais presque tout le monde est contre. Nous en sommes très loin…»
Impôt libératoire

Ce modèle, inspirĂ© du Liechtenstein, est rejetĂ© en bloc par l’association suisse des banquiers. Celle-ci lui oppose le projet «Rubik», un «impĂ´t libĂ©ratoire» forfaitaire prĂ©levĂ© sur les dĂ©pĂ´ts et reversĂ© Ă  l’État du pays d’origine du client. «Nous proposons d’Ă©largir ce système aux sociĂ©tĂ©s», prĂ©cise le porte-parole James Nason.

En attendant, Berne cherche Ă  gagner du temps en privilĂ©giant les discussions bilatĂ©rales. Lesquelles, estime la Suisse, pourraient passer par des amnisties fiscales. «Le Conseil fĂ©dĂ©ral veut nĂ©gocier des accords Ă  la carte, explique François Pilet, journaliste au quotidien Le Temps. Cela risque d’ĂŞtre compliquĂ© Ă  mettre en Ĺ“uvre, surtout pour les banquiers privĂ©s. Qui plus est, il n’est pas dit que cette mĂ©thode plaise Ă  l’Union europĂ©enne…»

Une confusion Ă  l’image de l’Ă©tat d’esprit actuel. D’un cĂ´tĂ©, les Suisses se prononcent Ă  55%, selon un rĂ©cent sondage Isopublic, pour la suppression de la distinction entre fraude et Ă©vasion fiscale. De l’autre, une initiative populaire propose d’inscrire le secret bancaire dans la constitution.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/02/26/04016-20100226ARTFIG00021-la-suisse-ne-veut-plus-accueillir-d-evades-fiscaux-.php?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+lefigaro%2Fimpots+%28LE+FIGARO+-+Impots%29&utm_content=Google+International

Cinq ans de hausse d’impĂ´ts dans les rĂ©gions

Par Cécile Crouzel 
De 2004 Ă  2010, les rĂ©gions ont beaucoup investi, prenant Ă  leur charge de nouvelles compĂ©tences. Mais cela ne suffit pas forcĂ©ment Ă  justifier l’envolĂ©e de la fiscalitĂ©.
 
Ă€ deux semaines du premier tour des Ă©lections rĂ©gionales, l’heure est au bilan Ă©conomique de la mandature qui s’achève. En la matière, un constat s’impose : la fiscalitĂ© reste le talon d’Achille des Ă©lus. D’après les donnĂ©es du Forum pour la gestion des villes et des collectivitĂ©s territoriales, une association de collectivitĂ©s locales coprĂ©sidĂ©e par un Ă©lu de droite et un Ă©lu de gauche, entre 2004 et 2009, les conseils rĂ©gionaux de mĂ©tropole ont en moyenne relevĂ© de 36 % les taux d’imposition ! Les mĂ©nages en ont supportĂ© directement les consĂ©quences, Ă  travers une forte hausse de leur taxe foncière (perçue par les rĂ©gions) tout comme les entreprises qui, de surcroĂ®t, Ă©taient soumises jusqu’Ă  l’an dernier Ă  la taxe professionnelle. Cette tendance est la mĂŞme quelle que soit la couleur politique de la rĂ©gion. L’Alsace, prĂ©sidĂ©e par la droite, a ainsi augmentĂ© ses taux de 23 % au cours des cinq dernières annĂ©es.

«Nous rĂ©cupĂ©rons seulement 7 % des impĂ´ts locaux. Pour que les montants perçus au titre de la fiscalitĂ© augmentent vraiment, nous devons appliquer de fortes hausses en pourcentage», se justifie-t-on du cĂ´tĂ© de l’Association des rĂ©gions de France (ARF). De fait, sur les six dernières annĂ©es, les rĂ©gions ont alourdi la facture de leurs habitants de 3 euros par an seulement, contre 7,90 euros pour les dĂ©partements et 8,60 euros pour l’Ă©chelon communal, toujours selon le Forum pour la gestion des villes.

Mais la vraie question est surtout de savoir si cette hausse de la fiscalitĂ© Ă©tait justifiĂ©e. «Oui, rĂ©pond-on Ă  l’ARF. Les Ă©lus ont menĂ© de nouvelles politiques. Ils ont aussi voulu se constituer un matelas de sĂ©curitĂ© face aux transferts de compĂ©tences, qui ne sont pas toujours bien compensĂ©s financièrement par l’État.»

 

Recrutements massifs
 

Les lois de dĂ©centralisation de 2004 ont en effet accru les pouvoirs des rĂ©gions. Ces dernières ont notamment rĂ©cupĂ©rĂ© près de 51 000 agents de l’État, principalement des TOS (techniciens et ouvriers de service) de l’Éducation nationale. «Nous avons dĂ» embaucher plus de 2000 personnes pour encadrer les TOS ou remplacer ceux qui n’ont pas voulu ĂŞtre transfĂ©rĂ©s», ajoute-t-on Ă  l’ARF. C’est ce qui explique l’essentiel de la hausse des effectifs des rĂ©gions, passĂ©s de 11 000 Ă  68 000 personnes de 2004 Ă  2009, et l’augmentation concomitante de 75 % des dĂ©penses de fonctionnement. Restent tout de mĂŞme près de 4 000 recrutements sans lien aucun avec la dĂ©centralisation. «Sur ce plan, les choix politiques ont jouĂ© Ă  plein», constate Olivier Regis, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du Forum pour la gestion des villes. «Certaines rĂ©gions, comme Poitou-Charentes, la Bourgogne, la Basse-Normandie ou l’Auvergne, ont recrutĂ© massivement ; d’autres, comme le Centre ou les Pays de la Loire, beaucoup moins. DĂ©veloppement local, animation, culture… il existe de nombreux domaines oĂą faire la diffĂ©rence.» Sans surprise, ce «palmarès» des recrutements correspond Ă  celui du poids de la fiscalitĂ©. Sauf pour Poitou-Charentes, oĂą les impĂ´ts n’ont crĂ» que de 14,3 % en six ans, ce qui en fait la deuxième rĂ©gion la plus sage de mĂ©tropole (hors Corse, qui a un rĂ©gime particulier), derrière la Haute-Normandie.

FĂ»t-ce au prix d’un coup de matraque fiscal, les rĂ©gions dĂ©gagent nĂ©anmoins toujours un solide excĂ©dent de fonctionnement. «Les Ă©lus auraient mĂŞme pu s’endetter davantage pour financer l’investissement. La dette des rĂ©gions peut se rembourser en 2,5 ans en moyenne, ce qui est très peu», estime Olivier RĂ©gis. TER, cofinancement des lignes Ă  grande vitesse, aide Ă  l’universitĂ© : l’Ă©chelon rĂ©gional a repris Ă  son compte des dĂ©penses auparavant assurĂ©es par l’État. Au total, elles ont accru leur investissement de 45 % par rapport au prĂ©cĂ©dent mandat.

Dans le lot, on retrouve cependant des investissements dispendieux, dans des hĂ´tels de rĂ©gion notamment. S’y ajoutent parfois des dĂ©penses plus difficiles Ă  justifier, en communication par exemple (1,3 million pour le nouveau logo de RhĂ´ne-Alpes). «On parle souvent de 200 Ă  250 millions de dĂ©penses inconsidĂ©rĂ©es. C’est condamnable, mais cela reprĂ©sente Ă  peine 1 % du budget des rĂ©gions», note-t-on Ă  l’ARF.

Reste une critique de fond : un quart du budget des rĂ©gions part dans des dĂ©penses qui n’ont rien Ă  voir avec leurs compĂ©tences (la formation professionnelle, les transports, les lycĂ©es et l’action Ă©conomique). «Soutenir les manifestations culturelles attire les touristes. Et, sans les financements croisĂ©s rĂ©gions, dĂ©partements et communes, beaucoup d’Ă©quipements sportifs ne sortiraient pas de terre», estime Olivier RĂ©gis. Aux Ă©lecteurs d’en juger.
http://www.lefigaro.fr/impots/2010/03/02/05003-20100302ARTFIG00013-cinq-ans-de-hausse-d-impots-dans-les-regions-.php?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+lefigaro%2Fimpots+%28LE+FIGARO+-+Impots%29&utm_content=Google+International

Immobilier locatif : les niches fiscales outre-mer pointées du doigt

[ 10/02/10  - 09H06  ]

La Cour des Comptes fustige deux dispositifs de dĂ©fiscalisation dans l’immobilier et l’industrie qui garantissent un rendement très Ă©levĂ© aux investisseurs. Au dĂ©triment de l’Etat.          
Les niches fiscales en outre-mer constituent une source inĂ©puisable de cas de dĂ©rives du système des allĂ©gements d’impĂ´ts. Cette fois-ci, les magistrats financiers se sont penchĂ©s sur deux dossiers liĂ©s aux dispositifs de dĂ©fiscalisation rĂ©glementĂ©s par les lois Pons, Paul et Girardin. La rĂ©duction d’impĂ´t sur le revenu au titre des investissements immobiliers locatifs a par exemple permis aux investisseurs dans la SociĂ©tĂ© immobilière de Nouvelle-CalĂ©donie de bĂ©nĂ©ficier d’un confortable allĂ©gement d’impĂ´t (Ă©gal Ă  50 % du montant agréé par l’administration). ” Pour l’Etat, tout se passe comme si les investisseurs lui avaient fait une avance qu’il rembourse en cinq ans “, juge la Cour. Mais Ă  quel prix pour les finances publiques ! Pour un millier de logements (intermĂ©diaires) portĂ©s par cette SCI calĂ©donienne en 2007, l’allĂ©gement a coĂ»tĂ© Ă  l’Etat 8,3 millions d’euros, pour un rendement annuel net de plus de 11 % au profit des investisseurs. ” Il serait moins coĂ»teux pour l’Etat de subventionner directement ce type d’opĂ©rations “, estime le rapport.

Autre cas de figure : la rĂ©duction d’impĂ´t (sur le revenu ou les sociĂ©tĂ©s) en contrepartie d’investissements dans le domaine industriel Ă  Wallis et Futuna.

” Extraordinairement coĂ»teux ”
En examinant les dossiers agréés par l’administration fiscale entre 2004 et 2008 pour ce petit territoire, la Cour fait un rapprochement Ă©loquent : pour un total de 12 millions d’euros investis sur 14 projets, l’allĂ©gement du montant d’impĂ´t (60 % du total investi) est lĂ©gèrement supĂ©rieur Ă  7 millions. ” Ce montage apparaĂ®t Ă  la fois très avantageux pour les investisseurs et extraordinairement coĂ»teux pour l’Etat “, pointe le rapport. Les magistrats dĂ©noncent en outre ” le manque de sĂ©rieux de l’examen ” des dossiers par l’administration. Ainsi de ces agrĂ©ments accordĂ©s Ă  des projets d’hĂ´tels sur des dossiers ne contenant ni bilan, ni compte d’exploitation, ni estimation des retombĂ©es Ă©conomiques. Qui plus est, les investissements n’ont pas Ă©tĂ© menĂ©s Ă  bien, les travaux ayant Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s. Les investisseurs, eux, ont Ă©tĂ© dĂ©frayĂ©s. La Cour prĂ´ne une rĂ©vision complète de ces dispositifs - ils l’ont Ă©tĂ© partiellement par la loi de 2009 sur l’outre-mer -et des contrĂ´les plus stricts.

PHILIPPE MOREAU

http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300409665.htm?xtor=RSS-2066

Évasion fiscale : l’administration va lancer 1.000 contrĂ´les

 

L’administration fiscale va prochainement lancer une vague d’un millier de contrĂ´les auprès de contribuables soupçonnĂ©s d’Ă©vasion fiscale. Pour le seul 31 dĂ©cembre, la cellule de rĂ©gularisation Ă  Bercy a reçu 300 dossiers.     
L’administration fiscale française va prochainement lancer une vague d’un millier de contrĂ´les fiscaux auprès de contribuables soupçonnĂ©s d’Ă©vasion fiscale, a-t-on appris auprès du ministère du Budget, confirmant une information parue samedi dans Le Journal du Dimanche.

Ces contrĂ´les se feront sur la base des informations dont dispose l’administration fiscale Ă  travers le fichier “Evafisc”, qui regroupe toutes les donnĂ©es disponibles en matière d’Ă©vasion fiscale ; ils pourront donc potentiellement concerner les contribuables dont les donnĂ©es ont Ă©tĂ© piratĂ©es par un ex-employĂ© de la banque HSBC de Genève. Quelque 4.000 contrĂ´les fiscaux sont rĂ©alisĂ©s tous les ans.

Pour le seul 31 décembre, dernier jour avant la fermeture de la cellule de régularisation (voir ci-dessous), celle-ci a reçu 300 dossiers, a-t-on par ailleurs indiqué au ministère. Le bilan définitif devrait être fait dans la semaine. Le dernier chiffre publié : au 9 décembre, cette cellule avait déjà reçu 1.400 dossiers.

Le 3 janvier, le ministre du Budget Eric Woerth avait annoncĂ© son intention de prolonger “autrement” l’action de cette cellule en “donnant Ă  l’administration fiscale les moyens de travailler dans le mĂŞme Ă©tat d’esprit” avec “tous les contribuables dĂ©cidant spontanĂ©ment de rendre leur situation lĂ©gale” (lire encadrĂ© ci-dessous).
Les modalités de la régularisation volontaire pour 2010, bientôt précisées
La cellule rĂ©servĂ©e aux Ă©vadĂ©s fiscaux souhaitant rĂ©gulariser leur situation a fermĂ© ses portes le 31 dĂ©cembre. Mais Eric Woerth a d’ores et dĂ©jĂ  indiquĂ© qu’il allait ” prolonger cette action autrement pour tous les contribuables dĂ©cidant spontanĂ©ment de rendre leur situation lĂ©gale “. Il s’agit de ” donner Ă  l’administration fiscale dans son ensemble les moyens de travailler dans le mĂŞme Ă©tat d’esprit : toute personne dĂ©sirant rĂ©gulariser sa situation pour rapatrier des capitaux et payer la fiscalitĂ© doit pouvoir le faire dans une situation plus acceptable que quand un contrĂ´le fiscal lui tombe dessus “.” Pour tous les autres, a-t-il averti, ce sera le contrĂ´le fiscal “, les fraudeurs s’exposant Ă  de lourdes pĂ©nalitĂ©s, qu’ils ne pourront pas nĂ©gocier, et Ă  des poursuites pĂ©nales. Les modalitĂ©s de rĂ©gularisation volontaire en 2010 seront prĂ©cisĂ©es ce mois-ci, quand Bercy fera le bilan complet de l’action de la cellule ad hoc mise en place l’an dernier.
http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300402707.htm

Les indemnités pour accident du travail taxées, le bouclier fiscal et le Scellier modifiés

En commission des finances, les députés ont voté pour la fiscalisation des indemnités pour accident du travail. Ils ont écorné le bouclier fiscal mais amélioré le Scellier.
 
Les dĂ©putĂ©s de la commission des finances de l’AssemblĂ©e ont adoptĂ© vendredi toute une sĂ©rie d’amendements touchant Ă  la fiscalitĂ© des particuliers. Certes, rien n’est dĂ©finitif car ces mesures doivent ĂŞtre adoptĂ©es en sĂ©ance Ă  l’AssemblĂ©e, puis au SĂ©nat, lors de l’examen du projet de Budget pour 2010. Mais un premier jalon est posĂ©.

• Taxation des indemnitĂ©s pour accident du travail : avec l’amendement adoptĂ© vendredi, les indemnitĂ©s journalières pour accident du travail versĂ©es par la SĂ©cu seront soumises Ă  l’impĂ´t sur le revenu (IR). La taxation s’appliquera Ă  partir des indemnitĂ©s reçues en 2010. Jusqu’Ă  prĂ©sent, elles Ă©taient exonĂ©rĂ©es. Toutefois, la part des indemnitĂ©s reprĂ©sentant la rĂ©paration du prĂ©judice (qui reprĂ©sente environ 10% du salaire) restera exonĂ©rĂ©e d’IR. L’approbation de la commission est une première victoire pour les tenants de la fiscalisation, au rang desquels se trouvent Jean-François CopĂ©, le patron du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e et Eric Woerth, le ministre du Budget.

• Bouclier fiscal Ă©cornĂ© : l’amendement de Gilles Carrez, le rapporteur gĂ©nĂ©ral UMP de la commission, a Ă©tĂ© adoptĂ©. Dans le calcul du bouclier fiscal, les dividendes seront pris en compte Ă  100%. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas lorsque le contribuable a optĂ© pour la taxation au barème de l’IR. En outre, toujours pour le calcul du bouclier, les revenus ne seront minorĂ©s que des moins-values et des dĂ©ficits relatifs Ă  la mĂŞme annĂ©e. Il ne sera plus possible d’imputer les pertes anciennes. Ces mesures ne concernent toutefois que le calcul du bouclier. Les règles restent les mĂŞmes pour le calcul de l’IR.

• Scellier : la commission a souhaitĂ© modifier le dispositif Scellier, qui favorise l’investissement locatif. Le taux de rĂ©duction d’impĂ´t restera Ă  25% pour les logements acquis en 2010 ne respectant pas la norme « bâtiment basse consommation » (BBC), alors que le texte initial du gouvernement le ramenait Ă  20%. Pour les logements non BBC acquis en 2011, le taux sera de 15%. En outre, la commission a relevĂ© les taux de rĂ©duction pour les logements respectant la norme BBC, Ă  25% pour les acquisitions de 2011 et 2012 (au lieu des 20% prĂ©vus par le gouvernement) et Ă  15% en 2013.

• Madelin : le dispositif, qui devait s’arrĂŞter fin 2010, est prolongĂ© jusqu’au 31 dĂ©cembre 2012. Ce système permet de rĂ©duire son IR en investissant dans le capital de PME.

• Bases locatives : la commission souhaite que la rĂ©vision des bases locatives ait lieu en 2010. En cela, elle rejoint les souhaits du gouvernement. Ces bases sont le prix « administratif » du logement, qui est utilisĂ© pour le calcul des impĂ´ts locaux. Elles sont aujourd’hui obsolètes. La commission se garde toutefois de demander que la rĂ©vision des bases ait un impact dès 2010 sur les impĂ´ts des mĂ©nages.
http://www.lefigaro.fr/impots/2009/11/06/05003-20091106ARTFIG00602-les-indemnites-pour-accident-du-travail-taxees-le-bouclier-fiscal-et-le-scellier-modifies-.php

Les principaux paradis fiscaux sont européens

Le “top ten” des territoires opaques identifiĂ©s par Tax Justice Network concentre l’argent sale et celui de l’Ă©vasion fiscale. Y figurent cinq pays ou juridictions situĂ©s en Europe : le Luxembourg, la Suisse, l’Irlande, la Belgique et Londres. 
Non, les paradis fiscaux ne sont pas morts. ” Preuve en est le classement de 60 pays et territoires que vient de publier le TJN (Tax Justice Network) , rĂ©seau international d’experts et d’associations auquel participe en France la plate-forme paradis fiscaux et judiciaires “, souligne Jean Merckaert, chargĂ© du plaidoyer financement du dĂ©veloppement au CCFD (comitĂ© catholique contre la faim et pour le dĂ©veloppement)

Fruit d’un Ă©norme travail menĂ© sur plusieurs annĂ©es, ce classement est basĂ© sur un indice combinant le degrĂ© d’opacitĂ©, Ă©valuĂ© Ă  partir de 12 critères. Des territoires comme l’Etat du Delaware aux Etats-Unis, le Luxembourg, la Suisse, les ĂŽles CaĂŻmans ou Jersey, aujourd’hui sur la liste blanche de l’OCDE, constituent pourtant des places financières centrales pour les acteurs en quĂŞte d’opacitĂ©.

Les oublis de l’OCDE
L’indice de TJN Ă©value plusieurs aspects cruciaux non pris en compte par l’OCDE, notamment :

- Le rĂ´le des trusts. En l’absence d’un registre ouvert aux autoritĂ©s de contrĂ´le comme il en existe en France pour les fiducies, ces mĂ©canismes prĂŞte-noms, grande spĂ©cialitĂ© anglo-saxonne permettent de masquer les donneurs d’ordre comme les dĂ©tenteurs de fonds.

- L’exigence d’une coopĂ©ration fiscale automatique et multilatĂ©rale. ” Le critère de l’OCDE - signer douze conventions d’Ă©change de renseignements fiscaux Ă  la demande - constitue une exigence beaucoup trop laxiste, comme en atteste la sortie de Monaco de la liste grise après que ce territoire ait signĂ© des conventions avec une dizaine d’autres paradis fiscaux “, poursuit Jean Merckaert. Actuellement des conventions ont Ă©tĂ© signĂ©es, mais elles ne sont pas encore votĂ©es par les pays signataires. RĂ©sultat : elles ne s’appliquent pas encore. ” Pour que la coopĂ©ration fiscale automatique et multilatĂ©rale bĂ©nĂ©ficie aussi aux pays en dĂ©veloppement, principales victimes de l’Ă©vasion fiscale, une moins une soixantaine de conventions fiscales par pays doivent ĂŞtre signĂ©es “, estime Markus Meinzer, consultant pour le TJN.

- L’importance de la coopĂ©ration judiciaire. Avec la mise en place effective des lois anti-blanchiment, elles permet de traquer efficacement l’argent du crime et de la corruption.

Le top 10 des paradis fiscaux
Le ” top ten ” des territoires opaques identifiĂ©s par Tax Justice Network concentre, Ă  l’Ă©chelle mondiale, l’argent sale et celui de l’Ă©vasion fiscale. Voici par ordre dĂ©croissant, les juridictions visĂ©e s: l’Etat du Delaware aux Etats-Unis, le Luxembourg, la Suisse, les Ă®les Cayman, La CitĂ© de Londres en Grande-Bretagne, l’Irlande, les Bermudes, Singapour, la Belgique et Hong Kong. Comme l’indice d’opacitĂ© tient compte surtout du volume financier de la place “off shore”, l’Ă©tat amĂ©ricain du Delaware apparaĂ®t en tĂŞte compte tenu du nombre de grosses sociĂ©tĂ©s qui y sont enregistrĂ©es. Dans le top 10, figurent cinq pays ou juridictions situĂ©s en Europe : le Luxembourg, la Suisse, la CitĂ© de Londres en Grande-Bretagne, l’Irlande, la Belgique.

Dans ce contexte macroĂ©conomique, on constate que la fraude fiscale rĂ©sulte de dĂ©placements de fonds au sein des grands groupes du CAC 40, voire des multinationales. Et lorsque le gouvernement français met l’accent sur la fraude fiscale des petits Ă©pargnants et la cellule de dĂ©grisement instaurĂ©e pour rĂ©gulariser des actifs dĂ©tenus Ă  l’Ă©tranger, nombre d’observateurs se demandent s’il ne se trompe pas de stratĂ©gie.

MARTINE DENOUNE, les Echos
http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300388437.htm?xtor=RSS-2066

Impôts, prélèvements : ce qui attend les particuliers

La donne a changé : il va falloir adapter ses placements.
Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment oĂą tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le surintendant m’explique comment on s’y prend pour dĂ©penser encore quand on est dĂ©jĂ  endettĂ© jusqu’au cou…

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sĂ»r, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est diffĂ©rent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a dĂ©jĂ  créé tous les impĂ´ts imaginables ?

Mazarin : On en crĂ©e d’autres.

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont dĂ©jĂ .

Mazarin : Oui, c’est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des cen­taines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! Il y a quantitĂ© de gens qui sont entre les deux, ni pauvres ni riches… Des Français qui travaillent, rĂŞvant d’ĂŞtre riches et redoutant d’ĂŞtre pauvres ! C’est ceux-lĂ  que nous allons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-lĂ  ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C’est un rĂ©servoir inĂ©puisable. »

Comment mieux rĂ©sumer l’Ă©tat prĂ©sent des finances publiques de la France qu’en relisant cet extrait du « Diable rouge » ? La pièce d’Antoine Rault a bĂ©nĂ©ficiĂ© cet hiver d’un exceptionnel bouche-Ă -oreille. Les Parisiens se sont dirigĂ©s en masse vers le théâtre Montparnasse. D’abord pour dĂ©guster le talent de Claude Rich, impeccable dans sa soutane pourpre de Mazarin mourant. Mais aussi parce qu’ils savaient que le texte allait leur rĂ©sonner familièrement. Ils se sont reconnus dans la « quantitĂ© de gens » raillĂ©e par le cardinal. Oui, ces Français qui travaillent toujours plus, moins dans l’espoir de vivre mieux demain que dans la hantise d’aller plus mal : ces Français moyens, ce sont eux, c’est vous, c’est nous.

Le texte est effectivement d’une actualitĂ© brĂ»lante. Il faut dire que son auteur, brillant quadragĂ©naire, a travaillĂ© dans les cabinets ministĂ©riels, notamment Ă  Matignon, du temps de Jean-Pierre Raffarin. De sorte que l’on ne sait plus si c’est son expĂ©rience qui lui a donnĂ© des clefs pour mieux comprendre la France de Louis XIV. Ou bien si ce sont les mazarinades qui lui ont inspirĂ© une fable pour dĂ©crire l’Ă©poque actuelle.

Nouvelle stratégie patrimoniale
En tout cas, la pièce a largement servi d’illustration Ă  notre dernier Cercle des fiscalistes (lire ci­contre). L’un des participants, Me Bernard Monassier, notaire Ă  Paris, l’a reprise pour Ă©voquer la situation dans laquelle se trouvent dĂ©sormais notre pays et la partie de sa population qui paie des impĂ´ts. La crise a en effet nĂ©cessitĂ© le dĂ©versement de milliards d’euros pour dĂ©boucher les canalisations de l’Ă©conomie mondiale. Cependant, ces sommes devront bien ĂŞtre restituĂ©es un jour. Pour cela, deux solutions peuvent ĂŞtre mises en oeuvre. L’une, relativement inĂ©dite, consisterait Ă  vider les caisses des paradis fiscaux, dans le but de regarnir ­celles des Etats qui s’Ă©vertuent Ă  pratiquer une politique de protection sociale. Mais comme il n’est pas certain que les vases communicants fonctionnent correctement, une autre piste plus conventionnelle rappellera furieusement Mazarin : elle prendra la forme d’une Ă©nième augmentation de la fiscalitĂ© prĂ©levĂ©e sur les classes moyennes.

Nos experts du Cercle se sont rejoints sur ce point : il s’agit lĂ  de deux tendances lourdes. Comme il faut de l’argent, il faut aller le chercher lĂ  oĂą il peut se trouver, c’est-Ă -dire aussi bien dans les comptes bancaires non dĂ©clarĂ©s en Suisse que dans les indemnitĂ©s versĂ©es aux accidentĂ©s du travail. MĂŞme si les mentalitĂ©s n’y sont pas encore prĂŞtes, il faudra sans doute s’y faire. Il se peut mĂŞme que l’on n’ait encore rien vu ! Dans des confĂ©rences internationales, des spĂ©cialistes suggèrent d’appliquer la TVA Ă  des prestations jusque-lĂ  exonĂ©rĂ©es, comme certains services postaux, par exemple. De mĂŞme, le nombre d’assujettis Ă  la CSG devrait augmenter. Il se pourrait mĂŞme que cette contribution soit tellement gĂ©nĂ©ralisĂ©e qu’elle finisse par fusionner avec l’impĂ´t sur le revenu… L’heure n’est donc plus Ă  Ă©voquer les beaux jours de la loi Tepa, du bouclier fiscal et de la suppression des droits de succession entre Ă©poux. Cette Ă©poque­-lĂ  est rĂ©volue. C’Ă©tait en 2007, autant dire une Ă©ternitĂ©.

Cependant, si la règle du jeu fiscal est Ă  ce point modifiĂ©e, c’est toute la stratĂ©gie patrimoniale des particuliers qui va se trouver bouleversĂ©e. Dès lors, est-il raison­nable de bâtir ses placements sur des incitations fiscales susceptibles d’ĂŞtre remises en cause ? D’autant que, si l’inflation revient, elle ne va pas tarder Ă  dicter, elle aussi, ses propres règles. Or son retour est annoncĂ©, pour ne pas dire souhaitĂ©, car c’est aussi une manière de rembourser les milliards injectĂ©s voici un an.

Cinq conseils Ă  suivre
Devant ce paysage mouvant, nos experts en patrimoine ont dégagé cinq priorités pour les particuliers. Ces derniers doivent :

1. clarifier leur situation s’ils sont en possession de comptes occultes Ă  l’Ă©tranger ;

2. en matière de placements, prĂ©fĂ©rer les solutions souples et rĂ©versibles, quitte Ă  les loger quand mĂŞme dans des enveloppes conçues pour le long terme, comme l’assurance-vie ;

3. d’un point de vue de statuts, privilĂ©gier ceux qui permettent d’ĂŞtre assujetti Ă  l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s plutĂ´t que sur le revenu ;

4. prĂ©fĂ©rer les solutions tournĂ©es vers l’entreprise plutĂ´t que vers l’immobilier ;

5. privilĂ©gier l’actif au passif, autrement dit les actions aux obligations, dont les taux ne peuvent que remonter.

Enfin, Ă  l’avenir, ils ont intĂ©rĂŞt Ă  suivre cyniquement le (mauvais) exemple des Etats et Ă  s’endetter pour acquĂ©rir du patrimoine, puisque l’inflation mangera les remboursements !
FRANCOIS LE BRUN, Les Echos

http://www.lesechos.fr/info/france/020162406314.htm?xtor=RSS-2009

Niches fiscales : durcissement en vue

Claude GuĂ©ant, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ElysĂ©e, se dit ouvert Ă  un rĂ©examen des niches fiscales lors du dĂ©bat budgĂ©taire au Parlement. Les sĂ©nateurs UMP proposent de ramener le plafond global de 25.000 Ă  20.000 euros, le Nouveau Centre dĂ©fend un rabot gĂ©nĂ©ral de 5 milliards d’euros.        
Le chef de l’Etat assume un dĂ©ficit budgĂ©taire record (116 milliards l’an prochain), ce qui n’est pas forcĂ©ment le cas des Ă©lus de droite, de plus en plus nombreux Ă  vouloir endiguer l’emballement des niches fiscales sans attendre la sortie de crise. La dĂ©claration du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ElysĂ©e, Claude GuĂ©ant, hier dans ” Le Figaro “, selon laquelle l’exĂ©cutif est ” ouvert Ă  un rĂ©examen des niches fiscales et sociales “dans le cadre du dĂ©bat parlementaire, n’a, Ă  ce titre, rien d’anodin.

” Nicolas Sarkozy se rend bien compte que la loi de Finances n’est pas satisfaisante en l’Ă©tat et qu’elle doit ĂŞtre retouchĂ©e au Parlement, notamment sur la question des niches fiscales “,estime Philippe Marini (UMP), rapporteur du budget au SĂ©nat. ” L’ElysĂ©e veut faire diversion. Si l’on parle des niches fiscales, c’est pour ne pas parler des vrais problèmes, dont la dette “, estime de son cĂ´tĂ© le dĂ©putĂ© HervĂ© Mariton (UMP).

Un effet redoutĂ© sur l’emploi
Les rĂ©ductions d’impĂ´t atteindront 72,7 milliards d’euros l’an prochain (hors plan de relance), contre 70,7 milliards cette annĂ©e. Et le plafonnement global dĂ©cidĂ© l’an dernier, permettant de li-

miter la rĂ©duction d’impĂ´t Ă  25.000 euros par mĂ©nage, plus 10 % du revenu imposable, aura un effet plus modeste qu’espĂ©rĂ©, puisqu’il ne rapportera que 22 millions au budget de l’Etat (” Les Echos ” d’hier).

Le terrain est donc favorable Ă  l’opposition : ” RĂ©duire de 1 % le montant des niches fiscales gĂ©nĂ©rerait plus d’Ă©conomies que le non-remplacement de 34.000 fonctionnaires en 2010 “, estime le sĂ©nateur François Rebsamen (PS), qui propose aussi d’abaisser le plafond global de 25.000 Ă  15.000 euros.

Son point de vue n’est pas très Ă©loignĂ© de certains poids lourds de la majoritĂ©. Philippe Marini entend ainsi proposer de ramener le plafond global des niches de 25.000 Ă  20.000 euros. ” Nous ne pouvons guère faire mieux Ă  ce stade, car nous redoutons l’effet sur l’emploi, et notamment sur les salariĂ©s Ă  domicile “, justifie-t-il.

Philippe Marini souhaite Ă©galement rĂ©duire les avantages fiscaux liĂ©s Ă  l’investissement immobilier, et notamment la dĂ©fiscalisation en cas d’investissement dans des rĂ©sidences de tourisme, qu’il juge ” abusive “.

” Du travail d’orfèvre ”
Les initiatives seront peut-ĂŞtre moins nombreuses Ă  l’AssemblĂ©e nationale, oĂą Gilles Carrez (UMP), rapporteur du budget, et Pierre MĂ©haignerie (UMP), prĂ©sident de la commission des Affaires sociales, refusent de durcir les plafonds votĂ©s l’an dernier, ceux-ci ne devant entrer en vigueur que l’annĂ©e prochaine. ” Nous avons fait du travail d’orfèvre. Attention Ă  ne pas mettre tout l’Ă©difice par terre ! “, supplie Gilles Carrez, bien conscient que le durcissement sĂ©duit une partie des dĂ©putĂ©s de droite.

” Tous ceux qui veulent s’attaquer aux niches une par une vont se planter. Il faut privilĂ©gier les mesures globales “, affirme Charles de Courson (Nouveau Centre), qui propose de rĂ©duire leur enveloppe de 5 milliards d’euros l’an prochain. Il suggère de raboter chaque dispositif de 5 %, ce qui rapporterait 3,5 milliards d’euros. Une mesure extrĂŞmement sensible, puisqu’elle toucherait aussi bien la prime pour l’emploi que les emplois Ă  domicile. Il prĂ©conise aussi de limiter les exonĂ©rations de charges ” Fillon ” dans les grandes entreprises : rĂ©duction de moitiĂ© entre 1.000 et 2.000 salariĂ©s, et de 75 % au-delĂ .

Pour le ministre du Budget, Eric Woerth, qui se dit régulièrement prêt à réévaluer toutes les niches, le débat parlementaire ne sera pas un long fleuve tranquille.

http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300380985.htm?xtor=RSS-2066

Assurance-vie : nouvel alourdissement de la fiscalité en vue

Le gouvernement veut soumettre aux prĂ©lèvements sociaux (CSG-CRDS) les contrats d’assurance-vie en unitĂ©s de compte qui en sont aujourd’hui exonĂ©rĂ©s lors du dĂ©cès de l’assurĂ©. Une mesure qui rapporterait 270 mil- lions d’euros.  
C’est une nouvelle niche sociale Ă  laquelle le gouvernement s’attaque : les exonĂ©rations de prĂ©lèvements sociaux dont bĂ©nĂ©ficient certains contrats d’assurance-vie. L’exĂ©cutif va introduire une mesure pour supprimer cet avantage dans le projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale, qui sera prĂ©sentĂ© jeudi. Il en attend une recette d’environ 270 millions d’euros.

La mesure concerne les contrats dits en unitĂ©s de compte, ou multisupports, des produits dont le capital n’est pas garanti. Les contrats monosupports en euros, pour lesquels les prĂ©lèvements sont dĂ©jĂ  effectuĂ©s chaque annĂ©e au fil de l’eau, ne sont pas concernĂ©s.

Actuellement, les contrats en unitĂ©s de compte sont soumis Ă  des prĂ©lèvements sociaux de 12,1 % (CSG, CRDS et prĂ©lèvement social supplĂ©mentaire) au moment du dĂ©nouement, mais pas en cas de dĂ©cès de l’assurĂ©. L’idĂ©e du gouvernement est de mettre fin Ă  cette exception.

Les contrats d’assurance-vie sont extrĂŞmement populaires - les mĂ©nages y investissent plus de 50 milliards d’euros chaque annĂ©e depuis 1997, avec des pics Ă  plus de 100 milliards en 2006 et 2008. Les contrats monosupports en euros - qui ne sont donc pas concernĂ©s par cette nouvelle mesure - sont largement majoritaires : ils reprĂ©sentent près de 85 % des nouveaux contrats souscrits en 2008, selon la FĂ©dĂ©ration française des sociĂ©tĂ©s d’assurances. Sur les contrats en unitĂ©s de compte, les dĂ©cès reprĂ©sentent 20 % des dĂ©nouements.

Vers des débats animés
La nouvelle mesure ne concernera donc qu’une petite partie des contrats, ce qui explique que son rendement soit modĂ©rĂ© (au regard des placements en assurance-vie), mais elle reprĂ©sentera nĂ©anmoins une recette supplĂ©mentaire non nĂ©gligeable pour la SĂ©curitĂ© sociale, dont le dĂ©ficit avoisinera les 30 milliards d’euros l’an prochain. Elle devrait susciter des dĂ©bats animĂ©s au Parlement. ” A chaque fois qu’on prend une mesure comme celle-ci, on ne mesure pas l’impact qu’elle aura sur le comportement des Ă©pargnants,critique Yves Censi, vice-prĂ©sident (UMP) de la commission des Finances de l’AssemblĂ©e. Les reports sur d’autres produits ne sont jamais anticipĂ©s, alors qu’ils ont gĂ©nĂ©ralement pour effet de neutraliser le rendement attendu. ”

Plusieurs autres niches sociales sont dans le viseur du gouvernement. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale comprendra le doublement des prélèvements sociaux qui pèsent sur les retraites chapeaux, ainsi que le paiement au premier euro de la CSG sur les plus-values mobilières.

http://www.lesechos.fr/patrimoine/assurance/300378856.htm?xtor=RSS-2066

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